
Le président américain Trump a prononcé, mercredi soir, un discours télévisé en prime time sur la guerre avec l’Iran, affirmant que « dans les deux à trois prochaines semaines, [il y aura] une attaque extrêmement sévère contre l’Iran », visant à « les ramener à l’âge de pierre ». Auparavant, le marché avait progressé pendant deux jours consécutifs dans l’attente que Trump annoncerait le retrait du plan. Mais à la fin du discours, cette attente a été balayée : le prix du bitcoin, après avoir touché un plus haut intraday à 69,135 dollars, a chuté à 66,818 dollars, soit une baisse de 3,3 %.
Dans un discours de 19 minutes, Trump a affirmé que « l’objectif stratégique central » allait bientôt être atteint, mais sans fournir de calendrier pour mettre fin à la guerre, ni proposer de mécanisme précis pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Trump a déclaré que le détroit serait « naturellement ouvert » après la guerre, et a dit aux pays importateurs de pétrole de « se donner un peu de courage », en s’assurant eux-mêmes de la sécurité du passage des navires, citant directement la Corée, le Japon et la Chine.
À l’occasion du déjeuner de Pâques à la Maison-Blanche, Trump a ajouté que les États-Unis peuvent « prendre directement le pétrole de l’Iran », mais que les Américains « n’ont pas de patience » pour faire cela. Un autre point à noter dans le discours concerne les éléments « absents » : Trump n’a pas mentionné la date limite prévue du 6 avril pour bombarder le réseau électrique iranien, n’a pas discuté de l’OTAN ni de troupes terrestres, et n’a divulgué aucun détail sur des négociations en cours. L’absence même d’un plan de sortie est un signal central de la revalorisation du marché.
Après la fin du discours de Trump, toutes les grandes catégories d’actifs ont connu une vente systémique :
Pétrole : le Brent bondit de 5 % et dépasse 106 dollars le baril ; le West Texas Intermediate (WTI) grimpe de 4,1 % à 104 dollars le baril
Prix du bitcoin : passe d’un plus haut intraday à 69,135 dollars à 66,818 dollars ; baisse de 3,3 % sur la journée ; la totalité du rebond sur deux jours s’est évaporée
Ethereum (ETH) : baisse de 2,8 % à 2,084 dollars
Futures actions US-Europe : les futures sur le S&P 500 reculent de 1,1 %, ceux sur les indices européens baissent de 1,5 %
Or : chute de 1,4 % à 4,691 dollars l’once ; l’argent recule de 3 %
Bourses asiatiques : l’indice composite coréen KOSPI recule de 3,5 %, le pire d’Asie ; Nikkei japonais -1,8 % ; indice Hang Seng -1 %
Le recul marqué du KOSPI reflète à la fois la forte dépendance de la Corée aux énergies importées du Moyen-Orient pour le transit, ainsi que l’incertitude diplomatique provoquée par la pression exercée de manière explicite par Trump.
Côté iranien, aucun signe de concession. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré qu’il n’existe pas de négociations directes entre l’Iran et les États-Unis, et que la confiance de Téhéran envers Washington est nulle. Le président iranien Masoud Pezeshkian a publié une lettre ouverte en anglais, remettant en question si cette guerre sert l’intérêt du peuple américain.
D’un point de vue plus structurel, le Parlement iranien fait avancer une législation visant à pérenniser le système de péage de transit par le détroit d’Ormuz imposant jusqu’à 2 millions de dollars par les navires, au titre des Gardiens de la révolution islamique (règlement en stablecoins ou en yuans). Si cette loi est adoptée, son effet dépassera tout accord de cessez-le-feu militaire : cela signifie que la réouverture du détroit nécessitera une négociation distincte portant sur une structure de péage indépendante, et pas seulement de s’en remettre à un cessez-le-feu.
Trump a affirmé que le détroit serait « naturellement ouvert », tandis que l’Iran construit un poste de péage conçu pour durer en permanence — et la trajectoire du prix du bitcoin et l’envolée des prix du pétrole mercredi soir constituent précisément l’évaluation collective du marché face à cet écart fondamental.
Le prix du bitcoin avait rebondi pendant deux jours consécutifs, soutenu par l’espoir du marché que Trump annoncerait une trajectoire de cessez-le-feu. Après la fin du discours, le marché a conclu que la perspective d’un cessez-le-feu s’éloignait, la hausse du prix du pétrole a renforcé les anticipations d’inflation, l’appétit pour le risque s’est nettement affaibli, et le bitcoin est passé de 69,135 dollars à 66,818 dollars, avec une baisse de 3,3 %, tandis que le gain cumulé sur deux jours s’est évaporé en une nuit.
Si le Parlement iranien inscrit dans la loi le système de péage de transit imposant jusqu’à 2 millions de dollars par navire, la réouverture du détroit d’Ormuz ne sera plus seulement un problème militaire : il faudra mener une négociation économique distincte portant sur la structure des revenus juridiques de l’Iran, ce qui allonge fortement les anticipations de calendrier pour le rétablissement du passage du détroit après tout cessez-le-feu.
L’indice composite coréen KOSPI recule de 3,5 %, sous l’effet de facteurs doubles : d’une part, la Corée dépend fortement des énergies du Moyen-Orient importées via le détroit d’Ormuz, et le maintien d’un obstacle au détroit constitue une menace directe pour la sécurité énergétique ; d’autre part, Trump a cité directement la Corée dans son discours, en lui demandant d’assumer elle-même la responsabilité de la sécurité du détroit, ce qui a déclenché une incertitude immédiate sur les marchés sur le plan diplomatique.