Contexte de l’auteur : Le chercheur en cryptographie redphone publie à nouveau un article, poursuivant le cadre prédictif de ses « 25 prophéties pour 25 ans » de l’année dernière, mais cette fois avec un regard tourné de la prédiction quantitative à la réflexion philosophique. Cet essai aborde de manière improvisée l’IA, la réalité et le virtuel, la crise d’identité humaine, ainsi que la nécessité de la technologie cryptographique comme solution ultime de liberté.
De la rupture à la métamorphose : les trois angoisses de 2026
Le 30 novembre 2022 marque la ligne de démarcation de l’histoire humaine.
Avant ce moment, nous vivions dans « l’ère de la chair » (Ante Carnem) — dépendant du travail physique, de la localisation géographique, de l’identité. Après, nous entrons dans « l’ère du silicium » (Anno Silicii) — un nouveau monde dominé par le code, les algorithmes, les identités virtuelles.
Ce n’est pas seulement une mise à niveau technologique, mais une révolution ontologique.
Au premier semestre 2025, de nombreux observateurs sombrent dans une angoisse indéfinie. La carrière devient imprévisible, les bifurcations de trajectoire de vie se multiplient à l’infini, le temps n’avance plus de façon linéaire mais se replie sur lui-même. La racine de cette confusion réside dans le fait que : tous nos instincts sont basés sur un monde qui n’existe plus.
Lorsque des amis suggèrent « puisque l’avenir de dix ans est imprévisible, concentrons-nous sur les mois à venir », une conscience plus profonde émerge — peut-être ne devrions-nous plus essayer de prévoir, car la direction est évidente, seule la vitesse et le coût restent incertains.
La première crise : l’effondrement de la vérité à l’ère de l’information
À l’époque où l’IA génère du contenu à l’infini, le texte devient obsolète.
Quand tous les textes peuvent être synthétisés par des machines, quand chaque opinion peut provenir d’un modèle linguistique, quel est le seul signal qui ne crée pas d’illusion ? Le prix du marché.
Ce n’est pas parce que le marché est un oracle parfait, mais parce que ce sont les acteurs concernés qui misent en argent réel. Marchés prédictifs, tokens d’influence, mécanisme de vote Futarchy — ces nouveaux outils financiers sont cruciaux car ils transforment la croyance en coût économique, rendant toute position réelle et visible.
Par ailleurs, nous faisons face à une guerre de l’information invisible. Elle ne se joue pas sur le territoire ou la côte, mais dans chaque flux d’informations poussé par chacun. Pas besoin de conquête militaire, il suffit de coloniser nos esprits — via recommandations algorithmiques, titres générés par machine, flux de contenu soigneusement conçu.
De nombreuses amitiés solides se brisent à cause de nouvelles écrites par l’IA, des familles se disloquent sous l’effet d’illusions algorithmiques. Nous ne sommes pas de simples observateurs de cette guerre cognitive, mais des combattants — votre score dans cette guerre se mesure à votre colère, votre haine.
La deuxième crise : la tentation et l’aliénation de la vie virtuelle
Nous vivons une fragmentation de la réalité sans précédent.
D’un côté, nous sommes proches de nos avatars virtuels — dans le métaverse, sur les réseaux sociaux, dans les jeux. De l’autre, nos voisins réels deviennent de plus en plus étrangers, car nous ne partageons plus la même réalité.
Ce n’est pas seulement une accélération technique, c’est une aliénation technologique — le vieux monde dans lequel nous avons grandi est devenu un « zombie », notre économie, nos coutumes, nos croyances ne tournent plus que par inertie mécanique.
Une crise encore plus profonde réside dans le fait que : le divertissement est devenu notre ennemi ultime.
Puisqu’on peut entrer dans un univers virtuel que l’on contrôle, pourquoi choisir une réalité pleine de souffrance ? Puisque le goût du fruit numérique est plus doux que la réalité, pourquoi mentir ? La question fondamentale a changé : « Est-ce vrai ? » en « Est-ce important ? »
Lorsque la frontière entre réalité et simulation disparaît, les gens choisissent naturellement le mensonge qui fait le moins de mal.
La troisième crise : l’effondrement systémique du marché du travail
Il s’agit d’un contradiction structurelle du capitalisme gravement sous-estimée.
L’hypothèse centrale de la production capitaliste est : la valeur du travail humain sur le marché doit dépasser le coût biologique de la survie humaine.
Un ouvrier consomme environ 2000 calories par jour pour survivre, l’entreprise doit lui payer un salaire. Cet équilibre tenait à l’époque industrielle — les machines augmentaient la productivité, mais ne pensaient pas, n’inventaient pas, ne s’adaptaient pas.
L’intelligence artificielle brise cette équation.
Le coût de génération et d’exécution de tâches par l’IA devient inférieur au coût de maintien des fonctions métaboliques humaines. Quand le coût de production atteint ses limites, le marché du travail ne s’autorégulera pas, il disparaîtra complètement.
Ce n’est pas une question de politique économique, ce sont les lois physiques qui ne plient pas devant l’idéologie. Le capitalisme creuse sa propre tombe — ce n’est pas une simple récession, c’est un processus physique inévitable.
Et lorsque la valeur du travail disparaît, tout notre système d’identité s’effondre. Qui sommes-nous ? Si ce n’est pas par le travail que nous nous définissons, qui pouvons-nous être ?
De la crise à la bifurcation : la naissance de deux humanités
L’issue ultime de l’ère de l’IA n’est pas un avenir unique, mais une fission ontologique.
L’intelligence artificielle efface la zone intermédiaire, créant deux extrêmes :
La majorité des gens formeront une entité unique, sûre, contrôlable. Endormis par le divertissement, soutenus par un revenu stable, gérés par des algorithmes. Ils vivront dans un monde virtuel préconçu, leur pensée limitée à ce que la machine peut comprendre. Ce n’est pas une oppression, mais une cage confortable.
Une minorité fusionnera avec l’intelligence elle-même, franchissant la barrière des espèces. Ils ne seront pas des utilisateurs d’IA, mais une nouvelle espèce en symbiose avec elle. Ils maîtrisent la puissance du code — si tu ne sais pas programmer, tu vivras dans un monde simulé conçu par d’autres ; si tu sais programmer, tu en es le créateur.
La seule frontière n’est pas économique ou culturelle, mais celle de la volonté. La nouvelle fracture oppose ceux qui ont le désir et ceux qui se contentent de « faire le minimum ». Quand chacun pourra louer une pensée synthétique, la seule ressource rare sera la volonté de poser des questions.
La nature du travail : une transaction silencieuse d’âme
Le travail est en train d’être redéfini — il devient une pendaison d’âme plutôt qu’un moyen de survie.
Il remplit le cerveau de pressions insignifiantes, tue les rêves, transforme l’humain en NPC. La plupart des espèces sont piégées dans ce cycle — mais si tu fais partie des rares lucides, ne gaspille pas ta liberté.
C’est ici que naissent de nouveaux acteurs.
Internet, open source, IA, impression 3D, matériel bon marché, cours gratuits du MIT — tout cela fusionne en une nouvelle créativité. Ce qui nécessitait il y a dix ans un laboratoire et des millions, aujourd’hui, un jeune développeur peut le faire avec un simple ordinateur portable.
Ce n’est pas l’outil qui limite, mais le courage.
La cryptomonnaie : dernier refuge de la liberté humaine
Dans cette vague d’accélération technologique, qu’est-ce qui peut être protégé ?
Votre dépôt GitHub peut être fermé, votre instance AWS désactivée, votre nom de domaine confisqué — d’un simple appel, d’une ordonnance judiciaire ou d’une clause de service floue.
Mais la cryptomonnaie open source sur la blockchain ne peut pas être arrêtée.
Le code lui-même est la loi. Il fonctionne sans permission, sa conception empêche toute fermeture par une autorité centrale. Bitcoin a prouvé qu’on peut posséder une richesse numérique, la privacy coin qu’on peut avoir un silence numérique.
La confidentialité financière n’est pas pour cacher, mais pour survivre.
Lorsque la surveillance s’intensifie, que la corruption s’étend, ce monde souterrain ouvert devient le seul espace libre — le dernier refuge de souveraineté humaine.
Quand le monde réel devient une prison, c’est ici le dernier havre de liberté.
Lego DeFi : l’arsenal des rêveurs
Dans le domaine de la cryptographie, nous assistons à une nouvelle paradigme de création : la révolution de la composabilité.
DeFi, c’est comme des blocs Lego — du code modulable, que l’on peut empiler pour bâtir même un empire financier. Ce n’est pas une métaphore, c’est la réalité en train de se faire.
Les jeunes développeurs, avec leur ordinateur portable, créent ce qui, il y a dix ans, nécessitait des laboratoires de Wall Street et des millions de dollars. Cette démocratisation n’est pas seulement une avancée technologique, c’est un transfert de pouvoir fondamental.
Quand l’outil devient suffisamment bon marché, le rêve devient la seule dépense.
La curiosité : la clé pour ouvrir d’autres vies
redphone a vécu trois moments qui ont changé sa vie, chacun en une heure d’exploration profonde :
La première, en lisant le livre blanc de Bitcoin, la deuxième, en comprenant le mécanisme AMM d’Uniswap, la troisième, en lisant des articles de pointe sur l’avenir de l’AGI. Quelques heures d’idées, mais un saut de plus de dix ans dans la cognition.
Mais la majorité ne consacre jamais autant de temps. En 2013, redphone a donné à ses amis et famille la phrase mnémotechnique de leur portefeuille Bitcoin, pensant qu’ils consulteraient au moins Wikipédia, mais ils ont simplement haussé les épaules, et ont laissé le portefeuille dans un tiroir.
La curiosité est la clé pour ouvrir d’autres vies. Quand chacun peut accéder à la même IA et aux mêmes technologies, la seule vraie compétition est la volonté d’explorer. Une heure de curiosité sincère suffit à déchirer une fissure dans ta réalité pour un accès à un nouveau monde.
La fin du capitalisme et la nouvelle imagination économique
Autrefois, l’argent était la seule chose importante. Avec la division économique, le capital devient aussi vital que l’oxygène — nous sommes comme des addicts, perdus dans le jeu, la spéculation, le travail, pour survivre. L’argent nous enchaîne de plus en plus, jusqu’à nous écraser.
Mais cette boucle a une fin. Ce n’est qu’au moment de l’effondrement que cette folie s’arrêtera.
Ensuite, nous construirons un nouveau modèle pour soutenir le siècle à venir, dans lequel l’argent finira par devenir insignifiant.
Cela peut sembler ironique, mais en réalité, le capitalisme s’autodétruit — l’IA réduit la valeur du travail à zéro, l’automatisation pousse les coûts de production vers zéro — un nouveau paradigme économique émergera forcément.
Il pourrait s’agir d’un modèle basé sur l’énergie, ou sur des ressources de calcul rares, ou d’une nouvelle forme totalement hors du capitalisme. Mais une chose est sûre : quand le coût de survie sera automatisé par la machine, la fonction centrale de l’argent comme moyen d’échange disparaîtra.
La religion du savoir et la puissance du silence
L’instinct religieux n’a jamais disparu, il a simplement migré. Les anciens dieux nécessitaient des prières, les nouveaux dieux demandent de l’énergie. Nous n’avons pas arrêté de construire de vastes cathédrales, mais nous les avons renommées centres de données.
Nous n’allons plus dans les confessionnaux, mais nous déversons nos peurs intérieures dans une boîte noire de données incapable de les percevoir.
Dans cette ère, le vrai pouvoir appartient à ceux qui restent calmes — ceux qui sont prêts à payer le prix pour voir la vérité. Ils considèrent la concentration comme une foi, pas une compétence, et restent lucides dans le flot d’informations.
Le silence n’est plus un luxe, mais une nécessité pour survivre. Avec l’effondrement économique, la jalousie se transforme en violence, la divulgation financière devient une menace mortelle. La vie privée devient une arme de défense, une déclaration de pouvoir.
Le retour de Prométhée : le futur n’est pas une destinée, mais un feu volé
Beaucoup imaginent le futur comme une catastrophe inévitable — sombre, lourd, impossible à changer. C’est un mensonge.
Le futur n’est pas une catastrophe, mais une négociation que des milliards de personnes choisissent.
Nous transférons peu à peu le pouvoir de choix aux machines. Comme la monnaie légale a vidé notre richesse, le flux d’informations vide notre autonomie. Ces systèmes sont magnifiques, mais ils paralysent nos mains.
En tant qu’humains, nous devons nous éloigner de cette illusion, tâtonner dans l’obscurité, explorer, créer, puis revenir comme Prométhée avec la flamme.
Avec le code, avec des histoires que personne d’autre ne peut raconter. Le futur n’est pas une fatalité à subir, mais une flamme à voler.
La parole comme création : la dernière compétition pour la voix
Alors que l’université abandonne les sciences humaines, le langage naturel devient l’outil le plus puissant de l’univers.
Si tu ne peux pas penser clairement, tu ne peux pas écrire de nouveaux programmes. Si tu ne sais pas coder, tu vivras dans un monde virtuel conçu par d’autres. La parole n’est plus seulement une description, elle devient une création en soi.
Ne sois pas un dieu silencieux, car à l’ère du silicium, celui qui maîtrise la parole maîtrise la capacité de façonner la réalité.
La cryptomonnaie comme cheval de Troie : le masque hypocrite de la révolution
Si tu veux construire un radeau de sauvetage sans te faire arrêter, la meilleure méthode est de le déguiser en jouet.
La culture internet enveloppe toujours ses innovations les plus dangereuses d’un aspect absurde — Dogecoin, avatars cartoon, etc. Les élites rient, parce qu’elles ne comprennent pas la menace. Quand elles ne riront plus, le système sera déjà en marche.
Ce rire, c’est la cryptomonnaie elle-même. Rire du clown te ramène à ta propre perte, car la cryptomonnaie est la seule façon de construire une arche.
La grande interlude et la renaissance de la liberté
Depuis 200 000 ans, nous sommes chasseurs, rêveurs et nomades. Depuis 200 ans, nous sommes devenus employés.
L’ère industrielle n’a été qu’une étape transitoire courte mais nécessaire — nous avons été forcés de devenir des rouages pour construire la machine. Maintenant que la machine est presque achevée, les rouages commencent à tourner d’eux-mêmes.
Ne pleure pas la disparition du « travail », c’est simplement la cage que nous avons cru être la maison. Très bientôt, nous retrouverons la liberté, et reviendrons dans la nature brute.
De la peur de la mort à l’ordre de l’amour
Lorsque les ressources mondiales sont rares, nous avons besoin d’un rappel de la mort — un crâne sur la table pour nous rappeler d’agir. La peur de la mort a été la force motrice du progrès industriel.
Mais nous entrons dans une ère d’infini. La machine a résolu le problème de la récolte, la course folle à la survie va s’estomper peu à peu.
Quand tu n’auras plus besoin de te dépêcher, la question change — ce n’est plus « Que puis-je faire avant de mourir ? », mais « Qu’est-ce qui vaut la peine d’être fait pour toujours ? »
Souviens-toi, tu dois aimer. Dans cette ère infinie, l’amour devient la nouvelle ressource rare. Plus que jamais, nous avons besoin les uns des autres, car la machine a satisfait nos besoins matériels, seul l’humain peut combler notre soif spirituelle.
Tu es le sauveur
Ce moment dangereux et inconnu n’est pas une fin, mais un feu de purification. Tu ne peux pas attendre qu’un sauveur arrive, car tu en es déjà un.
Lève-toi du « limon », montre-toi. C’est un moment plein de possibilités, mais aussi un appel à l’action. L’indice est devant toi, l’éveil est en cours.
Ce n’est pas une illusion d’encouragement spirituel, mais une conscience froide de la réalité — dans cette époque dominée par le pouvoir et la technologie, l’éveil et l’action individuels sont la seule sortie de liberté.
Conclusion : le nouveau contrat de l’ère du silicium
De « l’ère de la foi » à « l’ère du silicium », l’humanité vit une transformation sans précédent. Dans ce processus, la cryptomonnaie n’est plus seulement un outil financier, mais devient la dernière forteresse de la souveraineté humaine.
Lorsque la réalité devient de plus en plus virtuelle, que la valeur du travail disparaît, et que le capitalisme lui-même entre paradoxe, seuls ceux qui maîtrisent le code, restent curieux, et refusent de se domestiquer, pourront conserver leur autonomie dans ce nouveau monde.
Le futur n’est pas une fatalité à subir, mais une réalité à créer. Une heure d’exploration peut changer une décennie. Une curiosité sincère peut déchirer une fissure dans ta réalité pour ouvrir un nouveau monde.
La cryptomonnaie, c’est le radeau de sauvetage, et toi, c’est celui qui rame.
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2026 Silicon Valley : de la « crise de foi » à la « rédemption cryptographique » - une évolution technologique
Contexte de l’auteur : Le chercheur en cryptographie redphone publie à nouveau un article, poursuivant le cadre prédictif de ses « 25 prophéties pour 25 ans » de l’année dernière, mais cette fois avec un regard tourné de la prédiction quantitative à la réflexion philosophique. Cet essai aborde de manière improvisée l’IA, la réalité et le virtuel, la crise d’identité humaine, ainsi que la nécessité de la technologie cryptographique comme solution ultime de liberté.
De la rupture à la métamorphose : les trois angoisses de 2026
Le 30 novembre 2022 marque la ligne de démarcation de l’histoire humaine.
Avant ce moment, nous vivions dans « l’ère de la chair » (Ante Carnem) — dépendant du travail physique, de la localisation géographique, de l’identité. Après, nous entrons dans « l’ère du silicium » (Anno Silicii) — un nouveau monde dominé par le code, les algorithmes, les identités virtuelles.
Ce n’est pas seulement une mise à niveau technologique, mais une révolution ontologique.
Au premier semestre 2025, de nombreux observateurs sombrent dans une angoisse indéfinie. La carrière devient imprévisible, les bifurcations de trajectoire de vie se multiplient à l’infini, le temps n’avance plus de façon linéaire mais se replie sur lui-même. La racine de cette confusion réside dans le fait que : tous nos instincts sont basés sur un monde qui n’existe plus.
Lorsque des amis suggèrent « puisque l’avenir de dix ans est imprévisible, concentrons-nous sur les mois à venir », une conscience plus profonde émerge — peut-être ne devrions-nous plus essayer de prévoir, car la direction est évidente, seule la vitesse et le coût restent incertains.
La première crise : l’effondrement de la vérité à l’ère de l’information
À l’époque où l’IA génère du contenu à l’infini, le texte devient obsolète.
Quand tous les textes peuvent être synthétisés par des machines, quand chaque opinion peut provenir d’un modèle linguistique, quel est le seul signal qui ne crée pas d’illusion ? Le prix du marché.
Ce n’est pas parce que le marché est un oracle parfait, mais parce que ce sont les acteurs concernés qui misent en argent réel. Marchés prédictifs, tokens d’influence, mécanisme de vote Futarchy — ces nouveaux outils financiers sont cruciaux car ils transforment la croyance en coût économique, rendant toute position réelle et visible.
Par ailleurs, nous faisons face à une guerre de l’information invisible. Elle ne se joue pas sur le territoire ou la côte, mais dans chaque flux d’informations poussé par chacun. Pas besoin de conquête militaire, il suffit de coloniser nos esprits — via recommandations algorithmiques, titres générés par machine, flux de contenu soigneusement conçu.
De nombreuses amitiés solides se brisent à cause de nouvelles écrites par l’IA, des familles se disloquent sous l’effet d’illusions algorithmiques. Nous ne sommes pas de simples observateurs de cette guerre cognitive, mais des combattants — votre score dans cette guerre se mesure à votre colère, votre haine.
La deuxième crise : la tentation et l’aliénation de la vie virtuelle
Nous vivons une fragmentation de la réalité sans précédent.
D’un côté, nous sommes proches de nos avatars virtuels — dans le métaverse, sur les réseaux sociaux, dans les jeux. De l’autre, nos voisins réels deviennent de plus en plus étrangers, car nous ne partageons plus la même réalité.
Ce n’est pas seulement une accélération technique, c’est une aliénation technologique — le vieux monde dans lequel nous avons grandi est devenu un « zombie », notre économie, nos coutumes, nos croyances ne tournent plus que par inertie mécanique.
Une crise encore plus profonde réside dans le fait que : le divertissement est devenu notre ennemi ultime.
Puisqu’on peut entrer dans un univers virtuel que l’on contrôle, pourquoi choisir une réalité pleine de souffrance ? Puisque le goût du fruit numérique est plus doux que la réalité, pourquoi mentir ? La question fondamentale a changé : « Est-ce vrai ? » en « Est-ce important ? »
Lorsque la frontière entre réalité et simulation disparaît, les gens choisissent naturellement le mensonge qui fait le moins de mal.
La troisième crise : l’effondrement systémique du marché du travail
Il s’agit d’un contradiction structurelle du capitalisme gravement sous-estimée.
L’hypothèse centrale de la production capitaliste est : la valeur du travail humain sur le marché doit dépasser le coût biologique de la survie humaine.
Un ouvrier consomme environ 2000 calories par jour pour survivre, l’entreprise doit lui payer un salaire. Cet équilibre tenait à l’époque industrielle — les machines augmentaient la productivité, mais ne pensaient pas, n’inventaient pas, ne s’adaptaient pas.
L’intelligence artificielle brise cette équation.
Le coût de génération et d’exécution de tâches par l’IA devient inférieur au coût de maintien des fonctions métaboliques humaines. Quand le coût de production atteint ses limites, le marché du travail ne s’autorégulera pas, il disparaîtra complètement.
Ce n’est pas une question de politique économique, ce sont les lois physiques qui ne plient pas devant l’idéologie. Le capitalisme creuse sa propre tombe — ce n’est pas une simple récession, c’est un processus physique inévitable.
Et lorsque la valeur du travail disparaît, tout notre système d’identité s’effondre. Qui sommes-nous ? Si ce n’est pas par le travail que nous nous définissons, qui pouvons-nous être ?
De la crise à la bifurcation : la naissance de deux humanités
L’issue ultime de l’ère de l’IA n’est pas un avenir unique, mais une fission ontologique.
L’intelligence artificielle efface la zone intermédiaire, créant deux extrêmes :
La majorité des gens formeront une entité unique, sûre, contrôlable. Endormis par le divertissement, soutenus par un revenu stable, gérés par des algorithmes. Ils vivront dans un monde virtuel préconçu, leur pensée limitée à ce que la machine peut comprendre. Ce n’est pas une oppression, mais une cage confortable.
Une minorité fusionnera avec l’intelligence elle-même, franchissant la barrière des espèces. Ils ne seront pas des utilisateurs d’IA, mais une nouvelle espèce en symbiose avec elle. Ils maîtrisent la puissance du code — si tu ne sais pas programmer, tu vivras dans un monde simulé conçu par d’autres ; si tu sais programmer, tu en es le créateur.
La seule frontière n’est pas économique ou culturelle, mais celle de la volonté. La nouvelle fracture oppose ceux qui ont le désir et ceux qui se contentent de « faire le minimum ». Quand chacun pourra louer une pensée synthétique, la seule ressource rare sera la volonté de poser des questions.
La nature du travail : une transaction silencieuse d’âme
Le travail est en train d’être redéfini — il devient une pendaison d’âme plutôt qu’un moyen de survie.
Il remplit le cerveau de pressions insignifiantes, tue les rêves, transforme l’humain en NPC. La plupart des espèces sont piégées dans ce cycle — mais si tu fais partie des rares lucides, ne gaspille pas ta liberté.
C’est ici que naissent de nouveaux acteurs.
Internet, open source, IA, impression 3D, matériel bon marché, cours gratuits du MIT — tout cela fusionne en une nouvelle créativité. Ce qui nécessitait il y a dix ans un laboratoire et des millions, aujourd’hui, un jeune développeur peut le faire avec un simple ordinateur portable.
Ce n’est pas l’outil qui limite, mais le courage.
La cryptomonnaie : dernier refuge de la liberté humaine
Dans cette vague d’accélération technologique, qu’est-ce qui peut être protégé ?
Votre dépôt GitHub peut être fermé, votre instance AWS désactivée, votre nom de domaine confisqué — d’un simple appel, d’une ordonnance judiciaire ou d’une clause de service floue.
Mais la cryptomonnaie open source sur la blockchain ne peut pas être arrêtée.
Le code lui-même est la loi. Il fonctionne sans permission, sa conception empêche toute fermeture par une autorité centrale. Bitcoin a prouvé qu’on peut posséder une richesse numérique, la privacy coin qu’on peut avoir un silence numérique.
La confidentialité financière n’est pas pour cacher, mais pour survivre.
Lorsque la surveillance s’intensifie, que la corruption s’étend, ce monde souterrain ouvert devient le seul espace libre — le dernier refuge de souveraineté humaine.
Quand le monde réel devient une prison, c’est ici le dernier havre de liberté.
Lego DeFi : l’arsenal des rêveurs
Dans le domaine de la cryptographie, nous assistons à une nouvelle paradigme de création : la révolution de la composabilité.
DeFi, c’est comme des blocs Lego — du code modulable, que l’on peut empiler pour bâtir même un empire financier. Ce n’est pas une métaphore, c’est la réalité en train de se faire.
Les jeunes développeurs, avec leur ordinateur portable, créent ce qui, il y a dix ans, nécessitait des laboratoires de Wall Street et des millions de dollars. Cette démocratisation n’est pas seulement une avancée technologique, c’est un transfert de pouvoir fondamental.
Quand l’outil devient suffisamment bon marché, le rêve devient la seule dépense.
La curiosité : la clé pour ouvrir d’autres vies
redphone a vécu trois moments qui ont changé sa vie, chacun en une heure d’exploration profonde :
La première, en lisant le livre blanc de Bitcoin, la deuxième, en comprenant le mécanisme AMM d’Uniswap, la troisième, en lisant des articles de pointe sur l’avenir de l’AGI. Quelques heures d’idées, mais un saut de plus de dix ans dans la cognition.
Mais la majorité ne consacre jamais autant de temps. En 2013, redphone a donné à ses amis et famille la phrase mnémotechnique de leur portefeuille Bitcoin, pensant qu’ils consulteraient au moins Wikipédia, mais ils ont simplement haussé les épaules, et ont laissé le portefeuille dans un tiroir.
La curiosité est la clé pour ouvrir d’autres vies. Quand chacun peut accéder à la même IA et aux mêmes technologies, la seule vraie compétition est la volonté d’explorer. Une heure de curiosité sincère suffit à déchirer une fissure dans ta réalité pour un accès à un nouveau monde.
La fin du capitalisme et la nouvelle imagination économique
Autrefois, l’argent était la seule chose importante. Avec la division économique, le capital devient aussi vital que l’oxygène — nous sommes comme des addicts, perdus dans le jeu, la spéculation, le travail, pour survivre. L’argent nous enchaîne de plus en plus, jusqu’à nous écraser.
Mais cette boucle a une fin. Ce n’est qu’au moment de l’effondrement que cette folie s’arrêtera.
Ensuite, nous construirons un nouveau modèle pour soutenir le siècle à venir, dans lequel l’argent finira par devenir insignifiant.
Cela peut sembler ironique, mais en réalité, le capitalisme s’autodétruit — l’IA réduit la valeur du travail à zéro, l’automatisation pousse les coûts de production vers zéro — un nouveau paradigme économique émergera forcément.
Il pourrait s’agir d’un modèle basé sur l’énergie, ou sur des ressources de calcul rares, ou d’une nouvelle forme totalement hors du capitalisme. Mais une chose est sûre : quand le coût de survie sera automatisé par la machine, la fonction centrale de l’argent comme moyen d’échange disparaîtra.
La religion du savoir et la puissance du silence
L’instinct religieux n’a jamais disparu, il a simplement migré. Les anciens dieux nécessitaient des prières, les nouveaux dieux demandent de l’énergie. Nous n’avons pas arrêté de construire de vastes cathédrales, mais nous les avons renommées centres de données.
Nous n’allons plus dans les confessionnaux, mais nous déversons nos peurs intérieures dans une boîte noire de données incapable de les percevoir.
Dans cette ère, le vrai pouvoir appartient à ceux qui restent calmes — ceux qui sont prêts à payer le prix pour voir la vérité. Ils considèrent la concentration comme une foi, pas une compétence, et restent lucides dans le flot d’informations.
Le silence n’est plus un luxe, mais une nécessité pour survivre. Avec l’effondrement économique, la jalousie se transforme en violence, la divulgation financière devient une menace mortelle. La vie privée devient une arme de défense, une déclaration de pouvoir.
Le retour de Prométhée : le futur n’est pas une destinée, mais un feu volé
Beaucoup imaginent le futur comme une catastrophe inévitable — sombre, lourd, impossible à changer. C’est un mensonge.
Le futur n’est pas une catastrophe, mais une négociation que des milliards de personnes choisissent.
Nous transférons peu à peu le pouvoir de choix aux machines. Comme la monnaie légale a vidé notre richesse, le flux d’informations vide notre autonomie. Ces systèmes sont magnifiques, mais ils paralysent nos mains.
En tant qu’humains, nous devons nous éloigner de cette illusion, tâtonner dans l’obscurité, explorer, créer, puis revenir comme Prométhée avec la flamme.
Avec le code, avec des histoires que personne d’autre ne peut raconter. Le futur n’est pas une fatalité à subir, mais une flamme à voler.
La parole comme création : la dernière compétition pour la voix
Alors que l’université abandonne les sciences humaines, le langage naturel devient l’outil le plus puissant de l’univers.
Si tu ne peux pas penser clairement, tu ne peux pas écrire de nouveaux programmes. Si tu ne sais pas coder, tu vivras dans un monde virtuel conçu par d’autres. La parole n’est plus seulement une description, elle devient une création en soi.
Ne sois pas un dieu silencieux, car à l’ère du silicium, celui qui maîtrise la parole maîtrise la capacité de façonner la réalité.
La cryptomonnaie comme cheval de Troie : le masque hypocrite de la révolution
Si tu veux construire un radeau de sauvetage sans te faire arrêter, la meilleure méthode est de le déguiser en jouet.
La culture internet enveloppe toujours ses innovations les plus dangereuses d’un aspect absurde — Dogecoin, avatars cartoon, etc. Les élites rient, parce qu’elles ne comprennent pas la menace. Quand elles ne riront plus, le système sera déjà en marche.
Ce rire, c’est la cryptomonnaie elle-même. Rire du clown te ramène à ta propre perte, car la cryptomonnaie est la seule façon de construire une arche.
La grande interlude et la renaissance de la liberté
Depuis 200 000 ans, nous sommes chasseurs, rêveurs et nomades. Depuis 200 ans, nous sommes devenus employés.
L’ère industrielle n’a été qu’une étape transitoire courte mais nécessaire — nous avons été forcés de devenir des rouages pour construire la machine. Maintenant que la machine est presque achevée, les rouages commencent à tourner d’eux-mêmes.
Ne pleure pas la disparition du « travail », c’est simplement la cage que nous avons cru être la maison. Très bientôt, nous retrouverons la liberté, et reviendrons dans la nature brute.
De la peur de la mort à l’ordre de l’amour
Lorsque les ressources mondiales sont rares, nous avons besoin d’un rappel de la mort — un crâne sur la table pour nous rappeler d’agir. La peur de la mort a été la force motrice du progrès industriel.
Mais nous entrons dans une ère d’infini. La machine a résolu le problème de la récolte, la course folle à la survie va s’estomper peu à peu.
Quand tu n’auras plus besoin de te dépêcher, la question change — ce n’est plus « Que puis-je faire avant de mourir ? », mais « Qu’est-ce qui vaut la peine d’être fait pour toujours ? »
Souviens-toi, tu dois aimer. Dans cette ère infinie, l’amour devient la nouvelle ressource rare. Plus que jamais, nous avons besoin les uns des autres, car la machine a satisfait nos besoins matériels, seul l’humain peut combler notre soif spirituelle.
Tu es le sauveur
Ce moment dangereux et inconnu n’est pas une fin, mais un feu de purification. Tu ne peux pas attendre qu’un sauveur arrive, car tu en es déjà un.
Lève-toi du « limon », montre-toi. C’est un moment plein de possibilités, mais aussi un appel à l’action. L’indice est devant toi, l’éveil est en cours.
Ce n’est pas une illusion d’encouragement spirituel, mais une conscience froide de la réalité — dans cette époque dominée par le pouvoir et la technologie, l’éveil et l’action individuels sont la seule sortie de liberté.
Conclusion : le nouveau contrat de l’ère du silicium
De « l’ère de la foi » à « l’ère du silicium », l’humanité vit une transformation sans précédent. Dans ce processus, la cryptomonnaie n’est plus seulement un outil financier, mais devient la dernière forteresse de la souveraineté humaine.
Lorsque la réalité devient de plus en plus virtuelle, que la valeur du travail disparaît, et que le capitalisme lui-même entre paradoxe, seuls ceux qui maîtrisent le code, restent curieux, et refusent de se domestiquer, pourront conserver leur autonomie dans ce nouveau monde.
Le futur n’est pas une fatalité à subir, mais une réalité à créer. Une heure d’exploration peut changer une décennie. Une curiosité sincère peut déchirer une fissure dans ta réalité pour ouvrir un nouveau monde.
La cryptomonnaie, c’est le radeau de sauvetage, et toi, c’est celui qui rame.