Le titre de la société Carnival Corporation augmente de plus de 50 % en glissement annuel : pourquoi les investisseurs restent prudents malgré des fondamentaux solides
Histoire de récupération ou pari risqué ? Les chiffres racontent les deux côtés
Carnival Corporation (NYSE : CCL) est devenue l’une des performances remarquables de 2024, avec une hausse des actions de plus de 50 % au cours de l’année écoulée. Pourtant, malgré cette progression impressionnante et de nouveaux sommets sur 52 semaines, l’opérateur de croisières reste un investissement polarisant. La raison ? Une combinaison de métriques de reprise commerciale exceptionnelles en conflit avec des préoccupations concernant l’énorme endettement de la société et le spectre des faillites passées de compagnies de croisière qui ont hanté l’industrie.
La vraie question n’est pas si Carnival s’est améliorée — c’est clairement le cas. C’est si la valorisation actuelle et les risques persistants justifient d’y entrer à ces niveaux.
La reprise de rentabilité est indéniable
Lorsque Carnival a publié ses résultats du T3 le 29 septembre, la société a présenté des chiffres qui auraient semblé impossibles il y a seulement deux ans. Le chiffre d’affaires a atteint 8,2 milliards de dollars pour le trimestre clos le 31 août, marquant le 10e trimestre consécutif de revenus records — une augmentation modeste de 3 % en glissement annuel qui dissimule la véritable histoire : un bénéfice de 1,9 milliard de dollars, également un record historique.
Cette reprise de rentabilité est au cœur du cas haussier. Après que la pandémie a dévasté l’industrie des croisières et alourdi les opérateurs d’une dette écrasante, Carnival affiche désormais des profits opérationnels constants trimestre après trimestre. La société maintient plus de $25 milliards de dollars de dette à long terme sur son bilan, mais la direction a réussi à refinancer plus de $11 milliards à des taux plus bas cette année alors que les taux d’intérêt ont diminué — une stratégie qui réduit directement les charges d’intérêts et augmente les bénéfices.
Pour une industrie marquée par le risque de faillite qui a hanté les opérateurs de croisière pendant COVID-19, cette stabilité opérationnelle représente un changement significatif dans le profil de risque.
Valorisation : toujours attrayante par rapport à la puissance de gain
Voici où la thèse haussière gagne du terrain : malgré la hausse de plus de 50 %, Carnival n’est pas chère selon les standards historiques ou de valorisation. L’action se négocie à un multiple prix/bénéfice de 15x les bénéfices actuels, ou seulement 12x les bénéfices futurs selon les projections des analystes — bien en dessous de ce qu’elle se négociait avant la pandémie, lorsque les valorisations dépassaient régulièrement 20x les bénéfices.
En 2019, les actions atteignaient régulièrement des prix supérieurs à 50 $, soit environ le double des niveaux actuels. L’incapacité du titre à revenir complètement à ces prix d’avant la crise, malgré des bénéfices réellement améliorés, suggère que le marché applique encore une « décote de risque » à l’opérateur de croisière.
Ce doute provient probablement de deux facteurs : la mémoire persistante des faillites de compagnies de croisière et des défauts potentiels qui ont menacé le secteur, et l’incertitude macroéconomique continue autour des dépenses discrétionnaires des consommateurs.
La dynamique de réservation indique une demande soutenue
Pourtant, des preuves concrètes montrent que la demande reste robuste. Carnival rapporte que près de 50 % de la capacité de 2026 est déjà réservée, ce qui correspond aux tendances de réservation d’il y a un an. Cette demande anticipée offre une visibilité sur les revenus et est difficile à simuler — elle reflète la volonté réelle des consommateurs de payer pour des vacances en croisière.
De plus, les vacances en croisière occupent une niche spécifique : les voyageurs soucieux de leur budget recherchant des expériences tout compris sans la complexité logistique des vols, hôtels et transports terrestres. Alors que l’incertitude économique persiste, ce positionnement en valeur pourrait rester attractif. Les consommateurs réduisant leurs dépenses discrétionnaires pourraient en réalité se tourner vers des options de croisière moins coûteuses plutôt que d’abandonner complètement leurs vacances.
L’éléphant dans la pièce : la dette
Le principal obstacle reste l’endettement de Carnival. Avec plus de 25 milliards de dollars d’obligations à long terme, c’est considérable. La capacité de la société à refinancer massivement cette année — en profitant de la baisse des taux d’intérêt — masque une vulnérabilité sous-jacente : si les taux remontent à nouveau, le refinancement deviendra plus coûteux et les bénéfices seront comprimés.
Cependant, deux facteurs atténuants méritent d’être pris en compte. Premièrement, la société désendette activement plutôt que d’ajouter de la dette. Deuxièmement, l’amélioration de la rentabilité signifie que la société gagne réellement sa sortie de la spirale de la dette plutôt que de compter uniquement sur la magie du refinancement.
L’histoire des faillites dans l’industrie des croisières ne doit pas être oubliée, mais il est également important de noter que Carnival est une entité différente de celle qui semblait en difficulté en 2021-2022. La société a en réalité prouvé qu’elle pouvait générer des profits substantiels avec des opérations normalisées.
Y a-t-il encore de la place pour une hausse ?
L’action Carnival a connu une revalorisation massive mais n’a pas encore atteint ses sommets d’avant la pandémie, ce qui suggère soit : (1) le marché sait quelque chose que nous ignorons, ou (2) il y a encore un potentiel de hausse à mesure que la perception du risque se normalise.
Compte tenu de la capacité démontrée de la société à générer des bénéfices records, de l’amélioration de la dynamique de la dette et de la force des réservations anticipées, le cas d’une appréciation supplémentaire n’est pas frivole. L’action se négocie à des multiples faibles par rapport à la qualité des bénéfices, et les résultats opérationnels continuent de dépasser les attentes plutôt que de les décevoir.
Que Carnival soit une « bonne affaire » dépend de la tolérance individuelle au risque. Pour les investisseurs à l’aise avec la trajectoire de la dette de la société et convaincus que le pire est derrière l’industrie des croisières, les valorisations actuelles semblent raisonnables. Pour ceux qui se souviennent vivement des faillites de compagnies de croisière et s’inquiètent d’un retournement des dépenses des consommateurs, la prime de risque paraît toujours justifiée.
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Le titre de la société Carnival Corporation augmente de plus de 50 % en glissement annuel : pourquoi les investisseurs restent prudents malgré des fondamentaux solides
Histoire de récupération ou pari risqué ? Les chiffres racontent les deux côtés
Carnival Corporation (NYSE : CCL) est devenue l’une des performances remarquables de 2024, avec une hausse des actions de plus de 50 % au cours de l’année écoulée. Pourtant, malgré cette progression impressionnante et de nouveaux sommets sur 52 semaines, l’opérateur de croisières reste un investissement polarisant. La raison ? Une combinaison de métriques de reprise commerciale exceptionnelles en conflit avec des préoccupations concernant l’énorme endettement de la société et le spectre des faillites passées de compagnies de croisière qui ont hanté l’industrie.
La vraie question n’est pas si Carnival s’est améliorée — c’est clairement le cas. C’est si la valorisation actuelle et les risques persistants justifient d’y entrer à ces niveaux.
La reprise de rentabilité est indéniable
Lorsque Carnival a publié ses résultats du T3 le 29 septembre, la société a présenté des chiffres qui auraient semblé impossibles il y a seulement deux ans. Le chiffre d’affaires a atteint 8,2 milliards de dollars pour le trimestre clos le 31 août, marquant le 10e trimestre consécutif de revenus records — une augmentation modeste de 3 % en glissement annuel qui dissimule la véritable histoire : un bénéfice de 1,9 milliard de dollars, également un record historique.
Cette reprise de rentabilité est au cœur du cas haussier. Après que la pandémie a dévasté l’industrie des croisières et alourdi les opérateurs d’une dette écrasante, Carnival affiche désormais des profits opérationnels constants trimestre après trimestre. La société maintient plus de $25 milliards de dollars de dette à long terme sur son bilan, mais la direction a réussi à refinancer plus de $11 milliards à des taux plus bas cette année alors que les taux d’intérêt ont diminué — une stratégie qui réduit directement les charges d’intérêts et augmente les bénéfices.
Pour une industrie marquée par le risque de faillite qui a hanté les opérateurs de croisière pendant COVID-19, cette stabilité opérationnelle représente un changement significatif dans le profil de risque.
Valorisation : toujours attrayante par rapport à la puissance de gain
Voici où la thèse haussière gagne du terrain : malgré la hausse de plus de 50 %, Carnival n’est pas chère selon les standards historiques ou de valorisation. L’action se négocie à un multiple prix/bénéfice de 15x les bénéfices actuels, ou seulement 12x les bénéfices futurs selon les projections des analystes — bien en dessous de ce qu’elle se négociait avant la pandémie, lorsque les valorisations dépassaient régulièrement 20x les bénéfices.
En 2019, les actions atteignaient régulièrement des prix supérieurs à 50 $, soit environ le double des niveaux actuels. L’incapacité du titre à revenir complètement à ces prix d’avant la crise, malgré des bénéfices réellement améliorés, suggère que le marché applique encore une « décote de risque » à l’opérateur de croisière.
Ce doute provient probablement de deux facteurs : la mémoire persistante des faillites de compagnies de croisière et des défauts potentiels qui ont menacé le secteur, et l’incertitude macroéconomique continue autour des dépenses discrétionnaires des consommateurs.
La dynamique de réservation indique une demande soutenue
Pourtant, des preuves concrètes montrent que la demande reste robuste. Carnival rapporte que près de 50 % de la capacité de 2026 est déjà réservée, ce qui correspond aux tendances de réservation d’il y a un an. Cette demande anticipée offre une visibilité sur les revenus et est difficile à simuler — elle reflète la volonté réelle des consommateurs de payer pour des vacances en croisière.
De plus, les vacances en croisière occupent une niche spécifique : les voyageurs soucieux de leur budget recherchant des expériences tout compris sans la complexité logistique des vols, hôtels et transports terrestres. Alors que l’incertitude économique persiste, ce positionnement en valeur pourrait rester attractif. Les consommateurs réduisant leurs dépenses discrétionnaires pourraient en réalité se tourner vers des options de croisière moins coûteuses plutôt que d’abandonner complètement leurs vacances.
L’éléphant dans la pièce : la dette
Le principal obstacle reste l’endettement de Carnival. Avec plus de 25 milliards de dollars d’obligations à long terme, c’est considérable. La capacité de la société à refinancer massivement cette année — en profitant de la baisse des taux d’intérêt — masque une vulnérabilité sous-jacente : si les taux remontent à nouveau, le refinancement deviendra plus coûteux et les bénéfices seront comprimés.
Cependant, deux facteurs atténuants méritent d’être pris en compte. Premièrement, la société désendette activement plutôt que d’ajouter de la dette. Deuxièmement, l’amélioration de la rentabilité signifie que la société gagne réellement sa sortie de la spirale de la dette plutôt que de compter uniquement sur la magie du refinancement.
L’histoire des faillites dans l’industrie des croisières ne doit pas être oubliée, mais il est également important de noter que Carnival est une entité différente de celle qui semblait en difficulté en 2021-2022. La société a en réalité prouvé qu’elle pouvait générer des profits substantiels avec des opérations normalisées.
Y a-t-il encore de la place pour une hausse ?
L’action Carnival a connu une revalorisation massive mais n’a pas encore atteint ses sommets d’avant la pandémie, ce qui suggère soit : (1) le marché sait quelque chose que nous ignorons, ou (2) il y a encore un potentiel de hausse à mesure que la perception du risque se normalise.
Compte tenu de la capacité démontrée de la société à générer des bénéfices records, de l’amélioration de la dynamique de la dette et de la force des réservations anticipées, le cas d’une appréciation supplémentaire n’est pas frivole. L’action se négocie à des multiples faibles par rapport à la qualité des bénéfices, et les résultats opérationnels continuent de dépasser les attentes plutôt que de les décevoir.
Que Carnival soit une « bonne affaire » dépend de la tolérance individuelle au risque. Pour les investisseurs à l’aise avec la trajectoire de la dette de la société et convaincus que le pire est derrière l’industrie des croisières, les valorisations actuelles semblent raisonnables. Pour ceux qui se souviennent vivement des faillites de compagnies de croisière et s’inquiètent d’un retournement des dépenses des consommateurs, la prime de risque paraît toujours justifiée.