Les économistes avertissent d'une inflation imminente aux États-Unis, menaçant les espoirs du marché des cryptomonnaies de baisse des taux

Un nouveau rapport analytique des principaux économistes bouleverse les attentes du marché. Au lieu de la poursuite attendue de la tendance déflationniste, les spécialistes de l’Institut Peterson et de la société de conseil Lazard prévoient que l’inflation aux États-Unis pourrait dépasser le seuil critique de 4 % cette année. Cette alerte porte un coup sérieux à l’optimisme des investisseurs en bitcoin et autres actifs risqués, qui avaient basé leurs calculs sur l’hypothèse d’une politique monétaire accommodante.

L’analyse, menée par le président de l’Institut Peterson pour l’économie internationale, Adam Posen, et le haut responsable de Lazard, Peter R. Orzag, a identifié un ensemble de facteurs économiques capables de contrer la baisse naturelle des prix. Selon eux, l’impact cumulé de ces facteurs dépasse largement les tendances déflationnistes sur lesquelles s’appuyaient auparavant les prévisions optimistes.

Le niveau actuel de l’inflation aux États-Unis, mesuré par l’indice des prix à la consommation, s’établit à 2,7 % — un minimum depuis 2020. Cependant, les économistes estiment que cette situation relativement favorable pourrait rapidement changer.

Quels facteurs poussent les prix à la consommation à la hausse

Plusieurs raisons concrètes expliquent pourquoi l’inflation aux États-Unis pourrait s’accélérer dans les mois à venir. Premièrement, l’introduction de tarifs douaniers sur les importations crée une chaîne d’effets à long terme. Bien que les importateurs absorbent initialement les coûts supplémentaires liés aux tarifs, ces coûts finissent inévitablement par être répercutés sur les consommateurs finaux.

« D’ici la mi-2026, la période de transmission différée des coûts devrait prendre fin. Cela ajoutera environ 50 points de base au niveau global de l’inflation », indiquent Posen et Orzag. Le retard dans la transmission permet d’atténuer les pics de prix à court terme, mais crée une hausse plus structurelle et durable des prix à la consommation à moyen terme.

Un second facteur important est la tension sur le marché du travail. Un durcissement potentiel de la politique migratoire et des déportations pourrait provoquer une pénurie de main-d’œuvre dans des secteurs traditionnellement dépendants des travailleurs étrangers. En conséquence, les entreprises seront contraintes d’augmenter les salaires, ce qui stimule la demande inflationniste et pousse encore plus les prix à la hausse.

Le troisième point concerne les finances publiques. Les dépenses gouvernementales risquent d’accroître le déficit fiscal des États-Unis au-delà de 7 % du PIB. Dans un contexte déjà assoupli par des conditions financières plus laxistes et des attentes inflationnistes instables chez les consommateurs, un tel déficit agit comme un accélérateur de la hausse des prix.

De plus, les économistes soulignent le rôle de la productivité et des innovations technologiques. Bien que l’IA et d’autres technologies devraient théoriquement réduire les coûts de production, et que le secteur immobilier montre effectivement des signes de déflation, ces facteurs déflationnistes ne suffisent pas à contrebalancer la pression inflationniste.

La banque centrale sera dans une position difficile

Si ces prévisions se réalisent, la Réserve fédérale sera confrontée à un choix nettement plus complexe. Avec une inflation plus élevée, la Fed ne pourra pas réduire le coût du crédit aussi rapidement et intensément que l’attendent les marchés financiers et les enthousiastes des cryptomonnaies. Les banques d’investissement prévoient une baisse des taux de 50 à 75 points de base cette année, alors que les partisans des actifs numériques espéraient une politique d’assouplissement encore plus agressive.

Les analystes de la plateforme crypto Bitunix résument la problématique : « Le vrai risque n’est pas un assouplissement excessif de la politique, mais une prudence excessive qui pourrait entraîner une correction plus brutale et déstabilisante à l’avenir. » Cette évaluation reflète la crainte du marché que, si l’inflation revient effectivement, la Fed devra effectuer un virage brutal vers la contraction de la masse monétaire.

La volatilité des actifs s’intensifie face à la hausse des rendements obligataires

Le marché réagit déjà aux nouvelles attentes concernant l’inflation aux États-Unis. La rentabilité des obligations d’État mondiales augmente, notamment avec une hausse rapide du rendement des bons du Trésor américain. Les obligations à 10 ans ont atteint un sommet de cinq mois à 4,31 % en début de semaine, reflétant une réévaluation par les investisseurs des risques inflationnistes à long terme.

Parallèlement, le bitcoin subit une pression et se négocie à 88,28K $, en baisse légère de 0,83 % au cours des dernières 24 heures. La hausse des rendements obligataires transfère le capital des actifs spéculatifs (actions, cryptomonnaies) vers des instruments à revenu fixe plus conservateurs, créant un environnement défavorable aux actifs numériques.

Ce scénario ne correspond pas au récit qui dominait à la fin de l’année dernière, lorsque les haussiers sur le bitcoin construisaient leurs positions précisément sur l’hypothèse de tendances déflationnistes et d’une politique monétaire accommodante. Si l’inflation aux États-Unis revient effectivement aux niveaux indiqués, cela remettra complètement en question cette configuration.

Le secteur technologique continue d’accroître ses investissements

Fait intéressant, de grandes entreprises technologiques montrent une autre tendance. Les résultats trimestriels de Microsoft et Meta ne révèlent pas de ralentissement dans les investissements liés à l’intelligence artificielle. Microsoft souligne que l’IA est devenue l’une des principales orientations de l’entreprise avec des perspectives de croissance à long terme. Meta, de son côté, prévoit une augmentation significative des dépenses d’investissement en 2026 pour étendre ses divisions de recherche et ses activités principales.

Cela signifie que, même si l’inflation revient dans les mois à venir, les grands acteurs du secteur technologique restent concentrés sur une expansion agressive. La question demeure toutefois : ces investissements pourront-ils réellement générer une productivité suffisante pour contrer la pression inflationniste dans l’économie américaine ?

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