La trajectoire du Bitcoin jusqu’à aujourd’hui semble plongée dans une contradiction profonde. À l’origine, il a été créé pour lutter contre la création excessive de monnaie par les banques centrales et pour défendre la propriété privée, en prônant la décentralisation et l’anonymat. Mais, ironiquement, son succès devient de plus en plus dépendant du système qu’il a initialement rejeté. Il a signé un pacte faustien avec Wall Street et les régulateurs. Le coût principal de cette évolution peut être résumé en trois points.
Premièrement, la disparition de la « prime de révolution ». Lorsque le Bitcoin est intégré dans des fonds de retraite via un ETF, et que de grandes institutions deviennent de gros détenteurs, il passe du statut de rebelle en dehors du système à celui d’actif au sein du système. Son comportement commence à suivre celui des actions technologiques, tout en se détachant de l’or. Il ne s’oppose plus au système, et sa valeur devient de plus en plus dépendante de la stabilité et de l’acceptation du système financier actuel.
Deuxièmement, un changement fondamental dans la logique de croissance. Les fluctuations spectaculaires, qui étaient dues à la faible taille du marché et à la faible liquidité, semblent désormais appartenir au passé. Les capitaux profonds des institutions apportent de la stabilité, mais réduisent aussi la volatilité et les rendements attendus. Les données historiques sont très claires : chaque cycle haussier voit une réduction du multiplicateur de croissance. La prochaine hausse pourrait être plus lente, plus institutionnalisée, et moins explosive.
Troisièmement, et c’est le point le plus critique, l’érosion de la confiance fondamentale. La véritable foi en la décentralisation exige que l’on contrôle ses propres clés privées. Or, la majorité des utilisateurs détiennent leurs actifs via des exchanges ou des ETF, ce qui revient à confier ses fonds à un tiers. Le nombre d’adresses actives sur la blockchain, paradoxalement, diminue lorsque le prix atteint de nouveaux sommets, ce qui indique que la hausse est principalement alimentée par des capitaux de géants, et non par une adoption large par les utilisateurs de base. La perte de cette base de consensus social rend la narration de stockage de valeur de plus en plus vide.
L’institutionnalisation est une épée à double tranchant. Elle apporte des flux massifs de capitaux et une stabilité accrue, mais elle réduit aussi systématiquement la volatilité et les rendements attendus. En regardant l’histoire, chaque cycle haussier du Bitcoin voit une multiplication de la hausse qui diminue : passant de plusieurs centaines de fois dans les premiers temps, à une vingtaine de fois lors du dernier cycle, et à environ sept fois dans celui en cours. Le marché est passé d’un « petit étang » facilement influençable par la capitaux à une « mer profonde » peuplée d’institutions. Par conséquent, espérer une reprise explosive et déstabilisante comme par le passé semble désormais irréaliste. La croissance future sera probablement plus douce, plus influencée par la macroéconomie et la politique.
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La trajectoire du Bitcoin jusqu’à aujourd’hui semble plongée dans une contradiction profonde. À l’origine, il a été créé pour lutter contre la création excessive de monnaie par les banques centrales et pour défendre la propriété privée, en prônant la décentralisation et l’anonymat. Mais, ironiquement, son succès devient de plus en plus dépendant du système qu’il a initialement rejeté. Il a signé un pacte faustien avec Wall Street et les régulateurs. Le coût principal de cette évolution peut être résumé en trois points.
Premièrement, la disparition de la « prime de révolution ». Lorsque le Bitcoin est intégré dans des fonds de retraite via un ETF, et que de grandes institutions deviennent de gros détenteurs, il passe du statut de rebelle en dehors du système à celui d’actif au sein du système. Son comportement commence à suivre celui des actions technologiques, tout en se détachant de l’or. Il ne s’oppose plus au système, et sa valeur devient de plus en plus dépendante de la stabilité et de l’acceptation du système financier actuel.
Deuxièmement, un changement fondamental dans la logique de croissance. Les fluctuations spectaculaires, qui étaient dues à la faible taille du marché et à la faible liquidité, semblent désormais appartenir au passé. Les capitaux profonds des institutions apportent de la stabilité, mais réduisent aussi la volatilité et les rendements attendus. Les données historiques sont très claires : chaque cycle haussier voit une réduction du multiplicateur de croissance. La prochaine hausse pourrait être plus lente, plus institutionnalisée, et moins explosive.
Troisièmement, et c’est le point le plus critique, l’érosion de la confiance fondamentale. La véritable foi en la décentralisation exige que l’on contrôle ses propres clés privées. Or, la majorité des utilisateurs détiennent leurs actifs via des exchanges ou des ETF, ce qui revient à confier ses fonds à un tiers. Le nombre d’adresses actives sur la blockchain, paradoxalement, diminue lorsque le prix atteint de nouveaux sommets, ce qui indique que la hausse est principalement alimentée par des capitaux de géants, et non par une adoption large par les utilisateurs de base. La perte de cette base de consensus social rend la narration de stockage de valeur de plus en plus vide.
L’institutionnalisation est une épée à double tranchant. Elle apporte des flux massifs de capitaux et une stabilité accrue, mais elle réduit aussi systématiquement la volatilité et les rendements attendus. En regardant l’histoire, chaque cycle haussier du Bitcoin voit une multiplication de la hausse qui diminue : passant de plusieurs centaines de fois dans les premiers temps, à une vingtaine de fois lors du dernier cycle, et à environ sept fois dans celui en cours. Le marché est passé d’un « petit étang » facilement influençable par la capitaux à une « mer profonde » peuplée d’institutions. Par conséquent, espérer une reprise explosive et déstabilisante comme par le passé semble désormais irréaliste. La croissance future sera probablement plus douce, plus influencée par la macroéconomie et la politique.
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