L’industrie agricole se trouve à un point d’inflexion. Alors que la part de l’agriculture dans la main-d’œuvre américaine a chuté d’environ 80 % au 18ème siècle à moins de 2 % aujourd’hui, la production de l’agriculture moderne a connu une expansion exponentielle. Le progrès technologique en est le principal moteur, et une entreprise—Deere & Company—se positionne à l’avant-garde de la prochaine vague : intelligence artificielle et automatisation.
Pendant ce temps, les entreprises issues de l’ancienne garde de la chimie agricole font face à un défi existentiel. FMC Corporation, un important fabricant de pesticides et de fongicides, subit les conséquences de ce changement technologique. Leurs trajectoires divergentes dressent un tableau convaincant pour les investisseurs évaluant quel secteur de l’agriculture prospérera à mesure que l’industrie se transforme.
La révolution technologique agricole : l’approche IA de Deere
Deere & Company, cotée à la NYSE sous le symbole DE et communément appelée John Deere, est un acteur incontournable de l’agriculture depuis 189 ans. Depuis sa fondation en 1837, l’entreprise a évolué, passant de la fabrication d’équipements agricoles de base à une gamme complète de solutions comprenant des plateformes logicielles, de l’imagerie satellite, et de plus en plus, des machines autonomes et pilotées par intelligence artificielle.
Les innovations récentes de l’entreprise illustrent comment l’intelligence artificielle est intégrée dans les opérations agricoles à un niveau granulaire. Considérons le système de pulvérisation intelligent de Deere—une avancée qui répond à l’une des inefficacités les plus persistantes de l’agriculture : l’application de pesticides.
Ciblage précis : comment les pulvérisateurs intelligents changent la lutte contre les mauvaises herbes
La gestion traditionnelle des mauvaises herbes nécessitait que les agriculteurs couvrent l’ensemble des champs avec des produits chimiques, une approche coûteuse et problématique pour l’environnement. La technologie de pulvérisation intelligente de Deere fonctionne de manière fondamentalement différente. Équipé de 36 caméras et d’algorithmes d’apprentissage automatique, le système peut identifier individuellement les mauvaises herbes dans un champ et appliquer les produits chimiques uniquement là où c’est nécessaire.
Les résultats d’un programme de test sur 1 million d’acres en 2023 soulignent l’impact de cette technologie :
Réduction de 50 % de l’eau et des produits chimiques utilisés
Diminution de 87 % de la dérive de produits chimiques dans l’air
Réduction de 93 % du ruissellement chimique
Ces chiffres se traduisent par des bénéfices tangibles pour les agriculteurs : coûts d’intrants réduits, impact environnemental moindre, et conformité à des réglementations agricoles de plus en plus strictes. Pour Deere, ils constituent une barrière concurrentielle bâtie sur la sophistication technologique.
Tracteurs autonomes : l’avenir est déjà en test
Au-delà de la pulvérisation de précision, Deere fait progresser la technologie des tracteurs autonomes, actuellement en essais sur le terrain. Ces véhicules utilisent des systèmes de caméras à 360 degrés et des logiciels avancés pour naviguer dans les champs, reconnaître les obstacles et éviter les dangers tout en restant sous surveillance à distance. La participation de l’agriculteur passe d’une opération active à une supervision à distance—un changement fondamental dans la manière dont le travail agricole est effectué.
Ce développement illustre le changement plus large dans l’agriculture : la technologie multiplie la productivité individuelle des agriculteurs tout en libérant de la main-d’œuvre pour d’autres opérations critiques. L’enjeu dépasse l’efficacité ; il répond à la pénurie structurelle de main-d’œuvre dans l’agriculture.
Performance financière de Deere : une dynamique en croissance malgré les défis de 2025
Deere a rencontré des vents contraires en 2025, avec une baisse de 12 % du chiffre d’affaires net et une chute de 29 % du bénéfice net. Cependant, ces résultats masquent une image plus nuancée. La marge nette de l’entreprise reste solide à 11 %, et une part importante de cette baisse provient d’une augmentation des dépenses de recherche et développement, qui ont atteint 2,29 milliards de dollars—représentant 5,1 % des ventes au cours des quatre dernières années.
Cet engagement en R&D positionne Deere pour une croissance future. Plus convaincant encore, la performance du quatrième trimestre 2025 : le chiffre d’affaires et le revenu ont augmenté de 11 % par rapport au trimestre de l’année précédente, signalant une inflexion potentielle vers la reprise et un regain de dynamique en 2026.
La politique de dividendes de Deere témoigne également de sa confiance financière. L’entreprise a augmenté ses dividendes chaque année, avec une hausse cumulative de 113 % depuis 2020—un signal clair que la direction anticipe une génération de trésorerie durable malgré la cyclicité à court terme.
L’impératif stratégique : nourrir 10 milliards de personnes
L’investissement continu de l’entreprise dans l’innovation agricole reflète une réalité sobering : la population mondiale devrait atteindre 10 milliards d’ici 2050. Les projections internes de Deere indiquent que la production agricole devra augmenter de 60 à 70 % pour nourrir durablement cette population croissante.
L’automatisation et l’IA ne sont pas des innovations de luxe pour Deere—elles sont des nécessités existentielles. Moins d’agriculteurs travaillent sur des terres plus productives, et cet écart de productivité ne fera que s’élargir à mesure que la population mondiale croît et que les terres arables restent limitées.
La victime : le modèle économique en chute de FMC
Alors que Deere fait avancer son agenda technologique, FMC Corporation (NYSE : FMC)—un leader dans la fabrication de pesticides, fongicides et produits chimiques agricoles—fait face à un effondrement de son modèle économique. Les résultats financiers récents de la société révèlent l’ampleur de ce défi.
Au troisième trimestre 2025, FMC a déclaré :
Une chute de 49 % du chiffre d’affaires, passant de 1,04 milliard de dollars à 542 millions de dollars
Un retournement du bénéfice net passant d’un profit de 66 millions de dollars à une perte de 569 millions de dollars
Une détérioration du bénéfice par action, passant de 0,52 $ à une perte de 4,52 $
La détérioration s’étend aux projections de flux de trésorerie. FMC a terminé 2024 avec 614 millions de dollars de flux de trésorerie disponible, mais prévoit un déficit de 100 millions de dollars pour 2025—un revers financier dramatique.
Pourquoi l’innovation de Deere menace l’avenir de FMC
Le lien entre l’avancement technologique de Deere et le déclin de FMC n’est pas fortuit—il est causal. Alors que les pulvérisateurs intelligents de Deere réduisent l’utilisation de produits chimiques de 50 % tout en maintenant la protection des cultures, la demande pour les produits qui constituent la base du chiffre d’affaires de FMC s’érode.
Les solutions agricoles autonomes et pilotées par IA de Deere représentent un vent contraire structurel pour les fabricants de produits chimiques. Si l’agriculture de précision réduit la demande de pesticides de moitié à l’échelle de l’industrie, les fournisseurs traditionnels de produits chimiques font face à un marché en déclin—avec peu de leviers pour compenser la baisse des volumes par des augmentations de prix, étant donné la nature de commodité des produits chimiques agricoles.
La perspective d’investissement : Deere contre FMC
Pour les investisseurs, le choix entre ces deux entreprises reflète une thèse plus large sur l’évolution de l’agriculture. Deere capte la valeur créée par les gains de productivité technologique, tandis que FMC tente de défendre sa demande historique de produits.
La combinaison de la position de marché durable, du leadership technologique, de la dynamique trimestrielle en amélioration et de la croissance régulière des dividendes de Deere constitue un récit convaincant pour les investisseurs à long terme cherchant à s’exposer à l’innovation agricole.
FMC, en revanche, fait face à un chemin incertain vers la rentabilité dans un contexte de demande structurellement en déclin pour ses produits principaux. La détérioration financière de l’entreprise, l’accélération de la consommation de trésorerie et l’absence de position stratégique claire dans un monde d’agriculture de précision suggèrent des perspectives de reprise à court terme limitées.
La transformation de l’industrie agricole est en marche. Deere est positionnée pour en bénéficier ; FMC est destinée à lutter sous son poids.
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Pourquoi Deere mène la révolution de l'IA agricole — Et pourquoi FMC est à la traîne
L’industrie agricole se trouve à un point d’inflexion. Alors que la part de l’agriculture dans la main-d’œuvre américaine a chuté d’environ 80 % au 18ème siècle à moins de 2 % aujourd’hui, la production de l’agriculture moderne a connu une expansion exponentielle. Le progrès technologique en est le principal moteur, et une entreprise—Deere & Company—se positionne à l’avant-garde de la prochaine vague : intelligence artificielle et automatisation.
Pendant ce temps, les entreprises issues de l’ancienne garde de la chimie agricole font face à un défi existentiel. FMC Corporation, un important fabricant de pesticides et de fongicides, subit les conséquences de ce changement technologique. Leurs trajectoires divergentes dressent un tableau convaincant pour les investisseurs évaluant quel secteur de l’agriculture prospérera à mesure que l’industrie se transforme.
La révolution technologique agricole : l’approche IA de Deere
Deere & Company, cotée à la NYSE sous le symbole DE et communément appelée John Deere, est un acteur incontournable de l’agriculture depuis 189 ans. Depuis sa fondation en 1837, l’entreprise a évolué, passant de la fabrication d’équipements agricoles de base à une gamme complète de solutions comprenant des plateformes logicielles, de l’imagerie satellite, et de plus en plus, des machines autonomes et pilotées par intelligence artificielle.
Les innovations récentes de l’entreprise illustrent comment l’intelligence artificielle est intégrée dans les opérations agricoles à un niveau granulaire. Considérons le système de pulvérisation intelligent de Deere—une avancée qui répond à l’une des inefficacités les plus persistantes de l’agriculture : l’application de pesticides.
Ciblage précis : comment les pulvérisateurs intelligents changent la lutte contre les mauvaises herbes
La gestion traditionnelle des mauvaises herbes nécessitait que les agriculteurs couvrent l’ensemble des champs avec des produits chimiques, une approche coûteuse et problématique pour l’environnement. La technologie de pulvérisation intelligente de Deere fonctionne de manière fondamentalement différente. Équipé de 36 caméras et d’algorithmes d’apprentissage automatique, le système peut identifier individuellement les mauvaises herbes dans un champ et appliquer les produits chimiques uniquement là où c’est nécessaire.
Les résultats d’un programme de test sur 1 million d’acres en 2023 soulignent l’impact de cette technologie :
Ces chiffres se traduisent par des bénéfices tangibles pour les agriculteurs : coûts d’intrants réduits, impact environnemental moindre, et conformité à des réglementations agricoles de plus en plus strictes. Pour Deere, ils constituent une barrière concurrentielle bâtie sur la sophistication technologique.
Tracteurs autonomes : l’avenir est déjà en test
Au-delà de la pulvérisation de précision, Deere fait progresser la technologie des tracteurs autonomes, actuellement en essais sur le terrain. Ces véhicules utilisent des systèmes de caméras à 360 degrés et des logiciels avancés pour naviguer dans les champs, reconnaître les obstacles et éviter les dangers tout en restant sous surveillance à distance. La participation de l’agriculteur passe d’une opération active à une supervision à distance—un changement fondamental dans la manière dont le travail agricole est effectué.
Ce développement illustre le changement plus large dans l’agriculture : la technologie multiplie la productivité individuelle des agriculteurs tout en libérant de la main-d’œuvre pour d’autres opérations critiques. L’enjeu dépasse l’efficacité ; il répond à la pénurie structurelle de main-d’œuvre dans l’agriculture.
Performance financière de Deere : une dynamique en croissance malgré les défis de 2025
Deere a rencontré des vents contraires en 2025, avec une baisse de 12 % du chiffre d’affaires net et une chute de 29 % du bénéfice net. Cependant, ces résultats masquent une image plus nuancée. La marge nette de l’entreprise reste solide à 11 %, et une part importante de cette baisse provient d’une augmentation des dépenses de recherche et développement, qui ont atteint 2,29 milliards de dollars—représentant 5,1 % des ventes au cours des quatre dernières années.
Cet engagement en R&D positionne Deere pour une croissance future. Plus convaincant encore, la performance du quatrième trimestre 2025 : le chiffre d’affaires et le revenu ont augmenté de 11 % par rapport au trimestre de l’année précédente, signalant une inflexion potentielle vers la reprise et un regain de dynamique en 2026.
La politique de dividendes de Deere témoigne également de sa confiance financière. L’entreprise a augmenté ses dividendes chaque année, avec une hausse cumulative de 113 % depuis 2020—un signal clair que la direction anticipe une génération de trésorerie durable malgré la cyclicité à court terme.
L’impératif stratégique : nourrir 10 milliards de personnes
L’investissement continu de l’entreprise dans l’innovation agricole reflète une réalité sobering : la population mondiale devrait atteindre 10 milliards d’ici 2050. Les projections internes de Deere indiquent que la production agricole devra augmenter de 60 à 70 % pour nourrir durablement cette population croissante.
L’automatisation et l’IA ne sont pas des innovations de luxe pour Deere—elles sont des nécessités existentielles. Moins d’agriculteurs travaillent sur des terres plus productives, et cet écart de productivité ne fera que s’élargir à mesure que la population mondiale croît et que les terres arables restent limitées.
La victime : le modèle économique en chute de FMC
Alors que Deere fait avancer son agenda technologique, FMC Corporation (NYSE : FMC)—un leader dans la fabrication de pesticides, fongicides et produits chimiques agricoles—fait face à un effondrement de son modèle économique. Les résultats financiers récents de la société révèlent l’ampleur de ce défi.
Au troisième trimestre 2025, FMC a déclaré :
La détérioration s’étend aux projections de flux de trésorerie. FMC a terminé 2024 avec 614 millions de dollars de flux de trésorerie disponible, mais prévoit un déficit de 100 millions de dollars pour 2025—un revers financier dramatique.
Pourquoi l’innovation de Deere menace l’avenir de FMC
Le lien entre l’avancement technologique de Deere et le déclin de FMC n’est pas fortuit—il est causal. Alors que les pulvérisateurs intelligents de Deere réduisent l’utilisation de produits chimiques de 50 % tout en maintenant la protection des cultures, la demande pour les produits qui constituent la base du chiffre d’affaires de FMC s’érode.
Les solutions agricoles autonomes et pilotées par IA de Deere représentent un vent contraire structurel pour les fabricants de produits chimiques. Si l’agriculture de précision réduit la demande de pesticides de moitié à l’échelle de l’industrie, les fournisseurs traditionnels de produits chimiques font face à un marché en déclin—avec peu de leviers pour compenser la baisse des volumes par des augmentations de prix, étant donné la nature de commodité des produits chimiques agricoles.
La perspective d’investissement : Deere contre FMC
Pour les investisseurs, le choix entre ces deux entreprises reflète une thèse plus large sur l’évolution de l’agriculture. Deere capte la valeur créée par les gains de productivité technologique, tandis que FMC tente de défendre sa demande historique de produits.
La combinaison de la position de marché durable, du leadership technologique, de la dynamique trimestrielle en amélioration et de la croissance régulière des dividendes de Deere constitue un récit convaincant pour les investisseurs à long terme cherchant à s’exposer à l’innovation agricole.
FMC, en revanche, fait face à un chemin incertain vers la rentabilité dans un contexte de demande structurellement en déclin pour ses produits principaux. La détérioration financière de l’entreprise, l’accélération de la consommation de trésorerie et l’absence de position stratégique claire dans un monde d’agriculture de précision suggèrent des perspectives de reprise à court terme limitées.
La transformation de l’industrie agricole est en marche. Deere est positionnée pour en bénéficier ; FMC est destinée à lutter sous son poids.