Au cours des trois derniers mois, Intel Corporation [INTC] a enregistré une hausse notable de 24 %, surpassant largement la baisse de 6 % de l’industrie des semi-conducteurs et le S&P 500 dans son ensemble. Ce rallye a attiré une attention considérable des investisseurs, mais derrière cette progression spectaculaire se cache une situation complexe d’opportunités et de risques qui mérite une analyse approfondie.
La performance récente du géant technologique ne se limite pas aux indices de marché. Advanced Micro Devices (AMD) a reculé de 4,5 % durant cette même période de trois mois, tandis que Qualcomm Incorporated (QCOM) a chuté de 15,2 % — rendant la progression d’Intel particulièrement frappante dans un secteur confronté à des vents contraires. Cependant, la question cruciale demeure : ce momentum de trois mois est-il durable ou s’agit-il d’un rallye de soulagement temporaire masquant des défis structurels plus profonds ?
La croissance de l’IA et des centres de données alimentant le rallye de trois mois
Les gains récents d’Intel reposent sur des fondamentaux solides dans ses divisions Data Center et IA. Les revenus séquentiels de ce segment ont augmenté de 15 %, dépassant les attentes des analystes et reflétant une demande robuste pour les CPU serveurs traditionnels ainsi que pour les besoins émergents en infrastructure IA. La société connaît une forte croissance des commandes et a établi des collaborations stratégiques avec des poids lourds de l’industrie comme NVIDIA pour co-développer des solutions sur mesure. Plus précisément, Intel conçoit un processeur XEON propriétaire entièrement intégré à la technologie NVLink de NVIDIA, se positionnant comme un acteur clé dans l’infrastructure des nœuds hôtes IA.
Le marché des PC IA est également devenu un moteur de croissance durant cette période. Les expéditions de PC IA ont augmenté de 16 % en glissement annuel au dernier trimestre, soutenues par des partenariats avec des fabricants d’équipements d’origine tels que HP et Microsoft. Au-delà des PC, Intel s’étend également dans le segment Edge AI, exploitant une nouvelle opportunité à forte croissance.
Le revers : pénuries d’approvisionnement et pertes dans la fonderie persistantes
Malgré une demande robuste dans plusieurs marchés finaux, Intel fait face à un défi critique d’approvisionnement. La société entre en 2026 avec des réserves d’inventaire épuisées, ce qui limite considérablement sa capacité à satisfaire les commandes clients et menace ses perspectives de croissance à court terme. Cette contrainte d’approvisionnement commence déjà à se refléter dans ses résultats.
Plus inquiétant encore, les pertes croissantes de la branche fonderie. Intel Foundry a enregistré une perte opérationnelle de 2,5 milliards de dollars au dernier trimestre, aggravée par la montée en puissance précoce de son processus 18A. La société continue de lutter contre des problèmes de rendement qui ne répondent pas à ses objectifs internes, soulevant des questions sur le calendrier de rentabilité. Ces pertes dans la fonderie restent un frein majeur à la rentabilité globale et à la génération de cash, obligeant Intel à dépendre fortement de la monétisation d’actifs et de capitaux externes. La société s’appuie notamment sur les produits issus de la vente d’actifs comme Mobileye, la cession de participations dans Altera, des incitations gouvernementales, ainsi que des financements de SoftBank et NVIDIA — créant une dépendance préoccupante à un soutien financier extérieur.
Pressions concurrentielles croissantes sur les marchés clés
Les revenus du Client Computing Group (CCG) d’Intel ont diminué pour atteindre 8,19 milliards de dollars contre 8,77 milliards au trimestre précédent, malgré une forte demande pour les PC IA. Les ventes nettes séquentielles ont reculé de 4 %, reflétant la lutte entre la croissance des PC IA et la faiblesse du marché traditionnel des clients. La baisse des revenus, combinée à la montée en puissance précoce du processus 18A et à une composition de produits défavorable, a comprimé les marges brutes.
Dans le segment des serveurs — historiquement le domaine le plus rentable d’Intel — la société fait face à des défis redoutables. Les GPU H100 et Blackwell de NVIDIA sont devenus des succès éclatants dans l’industrie, reléguant les processeurs serveurs d’Intel à un rôle secondaire dans la course à l’infrastructure IA. Sur le marché des PC IA, Intel doit faire face à une concurrence accrue de la part de Qualcomm, tandis qu’AMD continue de réduire la part de marché d’Intel dans le secteur des PC commerciaux. Ces courants concurrentiels limitent fortement le potentiel de croissance.
Risque géopolitique : l’initiative d’indépendance des puces en Chine
Un obstacle majeur pour Intel est son exposition aux revenus en Chine, où les tensions géopolitiques entre Washington et Pékin s’intensifient. L’objectif déclaré de la Chine de supprimer les puces étrangères de ses réseaux de télécommunications d’ici 2027, couplé à des initiatives agressives de développement de ses propres puces, constitue une menace tangible pour le pipeline de ventes d’Intel. Ce changement de politique souligne la détermination de Pékin à réduire sa dépendance à la technologie occidentale — un vent contraire qui pourrait perdurer pendant plusieurs années.
Baisse des estimations de bénéfices, signe d’un affaiblissement de la confiance
La confiance du marché dans la trajectoire à court terme d’Intel s’est visiblement érodée. Au cours des 60 derniers jours, les estimations de bénéfices pour 2025 ont diminué de 15,25 %, à 50 cents par action, tandis que celles pour 2026 ont chuté de 14,04 %, à 98 cents. Cette tendance de révision à la baisse reflète un scepticisme croissant parmi les analystes quant à la capacité de l’entreprise à surmonter ses défis à court terme et à maintenir sa croissance bénéficiaire.
Évaluation : bon marché, mais peut-être pour de bonnes raisons
Du point de vue de la valorisation, Intel se négocie à un discount significatif. Le ratio prix/ventes à terme de 4,29 est favorable par rapport à la moyenne de l’industrie des semi-conducteurs de 17,78, ce qui indique que le marché a intégré une prudence importante. Si une faible valorisation peut attirer les investisseurs axés sur la valeur, elle reflète souvent des préoccupations légitimes concernant les perspectives à moyen terme de l’entreprise — comme c’est probablement le cas ici.
La conclusion : prudence malgré le gain de trois mois
Le rallye boursier de trois mois d’Intel reflète des points positifs opérationnels légitimes — notamment dans l’infrastructure IA et les marchés émergents. Cependant, la société doit faire face à des vents contraires importants qui risquent de compromettre cette dynamique. Les contraintes d’approvisionnement limiteront probablement la croissance des revenus à court terme. Les pertes de la fonderie et la dépendance à des capitaux externes soulèvent des questions sur l’efficacité du capital. La concurrence accrue dans les segments serveurs, PC et réseaux réduit les marges. Enfin, les risques géopolitiques liés à la Chine constituent un facteur d’incertitude majeur.
Bien que le récent rallye de trois mois soit encourageant, il semble davantage alimenté par des changements de sentiment et l’enthousiasme pour l’IA que par une inflexion fondamentale de la position concurrentielle d’Intel. La convergence des défis d’approvisionnement, la pression concurrentielle et la révision à la baisse des estimations suggèrent que les investisseurs devraient faire preuve de prudence. La société bénéficie actuellement d’un classement Zacks #4 (Vente), reflétant un scepticisme professionnel quant aux risques et opportunités à court terme. Pour les investisseurs axés sur la croissance cherchant une exposition à l’IA, il existe de meilleures alternatives parmi des entreprises affichant des trajectoires de marges plus solides et moins de vents contraires structurels.
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L'action d'Intel grimpe de 24 % en trois mois — mais les investisseurs doivent-ils acheter maintenant ?
Au cours des trois derniers mois, Intel Corporation [INTC] a enregistré une hausse notable de 24 %, surpassant largement la baisse de 6 % de l’industrie des semi-conducteurs et le S&P 500 dans son ensemble. Ce rallye a attiré une attention considérable des investisseurs, mais derrière cette progression spectaculaire se cache une situation complexe d’opportunités et de risques qui mérite une analyse approfondie.
La performance récente du géant technologique ne se limite pas aux indices de marché. Advanced Micro Devices (AMD) a reculé de 4,5 % durant cette même période de trois mois, tandis que Qualcomm Incorporated (QCOM) a chuté de 15,2 % — rendant la progression d’Intel particulièrement frappante dans un secteur confronté à des vents contraires. Cependant, la question cruciale demeure : ce momentum de trois mois est-il durable ou s’agit-il d’un rallye de soulagement temporaire masquant des défis structurels plus profonds ?
La croissance de l’IA et des centres de données alimentant le rallye de trois mois
Les gains récents d’Intel reposent sur des fondamentaux solides dans ses divisions Data Center et IA. Les revenus séquentiels de ce segment ont augmenté de 15 %, dépassant les attentes des analystes et reflétant une demande robuste pour les CPU serveurs traditionnels ainsi que pour les besoins émergents en infrastructure IA. La société connaît une forte croissance des commandes et a établi des collaborations stratégiques avec des poids lourds de l’industrie comme NVIDIA pour co-développer des solutions sur mesure. Plus précisément, Intel conçoit un processeur XEON propriétaire entièrement intégré à la technologie NVLink de NVIDIA, se positionnant comme un acteur clé dans l’infrastructure des nœuds hôtes IA.
Le marché des PC IA est également devenu un moteur de croissance durant cette période. Les expéditions de PC IA ont augmenté de 16 % en glissement annuel au dernier trimestre, soutenues par des partenariats avec des fabricants d’équipements d’origine tels que HP et Microsoft. Au-delà des PC, Intel s’étend également dans le segment Edge AI, exploitant une nouvelle opportunité à forte croissance.
Le revers : pénuries d’approvisionnement et pertes dans la fonderie persistantes
Malgré une demande robuste dans plusieurs marchés finaux, Intel fait face à un défi critique d’approvisionnement. La société entre en 2026 avec des réserves d’inventaire épuisées, ce qui limite considérablement sa capacité à satisfaire les commandes clients et menace ses perspectives de croissance à court terme. Cette contrainte d’approvisionnement commence déjà à se refléter dans ses résultats.
Plus inquiétant encore, les pertes croissantes de la branche fonderie. Intel Foundry a enregistré une perte opérationnelle de 2,5 milliards de dollars au dernier trimestre, aggravée par la montée en puissance précoce de son processus 18A. La société continue de lutter contre des problèmes de rendement qui ne répondent pas à ses objectifs internes, soulevant des questions sur le calendrier de rentabilité. Ces pertes dans la fonderie restent un frein majeur à la rentabilité globale et à la génération de cash, obligeant Intel à dépendre fortement de la monétisation d’actifs et de capitaux externes. La société s’appuie notamment sur les produits issus de la vente d’actifs comme Mobileye, la cession de participations dans Altera, des incitations gouvernementales, ainsi que des financements de SoftBank et NVIDIA — créant une dépendance préoccupante à un soutien financier extérieur.
Pressions concurrentielles croissantes sur les marchés clés
Les revenus du Client Computing Group (CCG) d’Intel ont diminué pour atteindre 8,19 milliards de dollars contre 8,77 milliards au trimestre précédent, malgré une forte demande pour les PC IA. Les ventes nettes séquentielles ont reculé de 4 %, reflétant la lutte entre la croissance des PC IA et la faiblesse du marché traditionnel des clients. La baisse des revenus, combinée à la montée en puissance précoce du processus 18A et à une composition de produits défavorable, a comprimé les marges brutes.
Dans le segment des serveurs — historiquement le domaine le plus rentable d’Intel — la société fait face à des défis redoutables. Les GPU H100 et Blackwell de NVIDIA sont devenus des succès éclatants dans l’industrie, reléguant les processeurs serveurs d’Intel à un rôle secondaire dans la course à l’infrastructure IA. Sur le marché des PC IA, Intel doit faire face à une concurrence accrue de la part de Qualcomm, tandis qu’AMD continue de réduire la part de marché d’Intel dans le secteur des PC commerciaux. Ces courants concurrentiels limitent fortement le potentiel de croissance.
Risque géopolitique : l’initiative d’indépendance des puces en Chine
Un obstacle majeur pour Intel est son exposition aux revenus en Chine, où les tensions géopolitiques entre Washington et Pékin s’intensifient. L’objectif déclaré de la Chine de supprimer les puces étrangères de ses réseaux de télécommunications d’ici 2027, couplé à des initiatives agressives de développement de ses propres puces, constitue une menace tangible pour le pipeline de ventes d’Intel. Ce changement de politique souligne la détermination de Pékin à réduire sa dépendance à la technologie occidentale — un vent contraire qui pourrait perdurer pendant plusieurs années.
Baisse des estimations de bénéfices, signe d’un affaiblissement de la confiance
La confiance du marché dans la trajectoire à court terme d’Intel s’est visiblement érodée. Au cours des 60 derniers jours, les estimations de bénéfices pour 2025 ont diminué de 15,25 %, à 50 cents par action, tandis que celles pour 2026 ont chuté de 14,04 %, à 98 cents. Cette tendance de révision à la baisse reflète un scepticisme croissant parmi les analystes quant à la capacité de l’entreprise à surmonter ses défis à court terme et à maintenir sa croissance bénéficiaire.
Évaluation : bon marché, mais peut-être pour de bonnes raisons
Du point de vue de la valorisation, Intel se négocie à un discount significatif. Le ratio prix/ventes à terme de 4,29 est favorable par rapport à la moyenne de l’industrie des semi-conducteurs de 17,78, ce qui indique que le marché a intégré une prudence importante. Si une faible valorisation peut attirer les investisseurs axés sur la valeur, elle reflète souvent des préoccupations légitimes concernant les perspectives à moyen terme de l’entreprise — comme c’est probablement le cas ici.
La conclusion : prudence malgré le gain de trois mois
Le rallye boursier de trois mois d’Intel reflète des points positifs opérationnels légitimes — notamment dans l’infrastructure IA et les marchés émergents. Cependant, la société doit faire face à des vents contraires importants qui risquent de compromettre cette dynamique. Les contraintes d’approvisionnement limiteront probablement la croissance des revenus à court terme. Les pertes de la fonderie et la dépendance à des capitaux externes soulèvent des questions sur l’efficacité du capital. La concurrence accrue dans les segments serveurs, PC et réseaux réduit les marges. Enfin, les risques géopolitiques liés à la Chine constituent un facteur d’incertitude majeur.
Bien que le récent rallye de trois mois soit encourageant, il semble davantage alimenté par des changements de sentiment et l’enthousiasme pour l’IA que par une inflexion fondamentale de la position concurrentielle d’Intel. La convergence des défis d’approvisionnement, la pression concurrentielle et la révision à la baisse des estimations suggèrent que les investisseurs devraient faire preuve de prudence. La société bénéficie actuellement d’un classement Zacks #4 (Vente), reflétant un scepticisme professionnel quant aux risques et opportunités à court terme. Pour les investisseurs axés sur la croissance cherchant une exposition à l’IA, il existe de meilleures alternatives parmi des entreprises affichant des trajectoires de marges plus solides et moins de vents contraires structurels.