Les marchés mondiaux du sucre font face à des vents contraires alors que l'industrie sucrière indienne augmente sa production

Les prix du sucre ont connu une chute importante, avec les contrats à terme sur le sucre mondial de New York pour mars en baisse de 1,46 % et ceux de Londres ICE pour le sucre blanc en recul de 1,78 % lors des récentes transactions. Ce recul reflète une inquiétude croissante face aux surplus mondiaux persistants, malgré des prévisions de production robustes de la part des principales nations productrices, notamment l’industrie sucrière en pleine accélération en Inde, qui redéfinit la dynamique de l’offre mondiale.

Surplus mondial de sucre pèse sur les prix

Les marchés du sucre subissent une pression à la baisse alors que les prix à Londres ont atteint leur niveau le plus bas en cinq ans sur la base des contrats à terme les plus proches. Au cours des trois derniers mois, les contrats de New York et de Londres ont diminué progressivement, le sucre de New York atteignant un plus bas de trois mois et celui de Londres tombant à de nouveaux plus bas. La cause principale : les surplus mondiaux de sucre devraient perdurer, avec plusieurs analystes qui prévoient des excédents allant de 1,4 à 4,7 millions de tonnes métriques (MMT) selon les campagnes agricoles.

L’industrie sucrière indienne redéfinit la dynamique de l’offre mondiale

L’Inde, deuxième plus grand producteur mondial de sucre, est à l’origine d’une grande partie de cette perspective de surplus mondial. Les données récentes de l’Association des usines de sucre indiennes (ISMA) montrent qu’entre le 1er octobre et la mi-janvier 2025/26, la production de sucre a atteint 15,9 MMT, en hausse de 22 % par rapport à l’année précédente. Plus significatif encore, l’ISMA a relevé sa prévision de production annuelle pour 2025/26 à 31 MMT contre 30 MMT, soit une augmentation de 18,8 % par rapport à l’année précédente.

De manière cruciale, l’industrie sucrière indienne est prête à exporter plus agressivement. L’ISMA a revu à la baisse ses estimations de sucre destiné à la production d’éthanol en Inde, passant de 5 MMT à 3,4 MMT, libérant ainsi davantage d’offre pour l’exportation. Le gouvernement indien a montré une certaine flexibilité, avec des responsables indiquant qu’ils autoriseraient des exportations supplémentaires pour gérer les stocks domestiques. En novembre, le ministère indien de l’Alimentation a approuvé l’exportation de 1,5 MMT pour la saison 2025/26, marquant un changement significatif par rapport au système de quotas introduit en 2022/23. Cette flexibilité d’exportation exerce une pression à la baisse sur les prix mondiaux.

Perspectives de production du Brésil et de la Thaïlande

Le Brésil, premier producteur mondial de sucre, a enregistré des gains de production jusqu’à mi-janvier. L’Unica, l’association brésilienne de la canne à sucre, a révélé qu’à la mi-janvier, la production cumulée dans le Centre-Sud pour 2025/26 atteignait 40,236 MMT, en hausse de 0,9 % par rapport à l’année précédente. Plus notable encore, le Brésil oriente davantage sa canne vers la production de sucre — le ratio est passé à 50,78 % pour la saison 2025/26 contre 48,15 % en 2024/25.

L’agence de prévision agricole brésilienne Conab a estimé la production de sucre pour 2025/26 à 45 MMT, récemment relevée de 44,5 MMT. Cependant, à plus long terme, la production devrait se modérer. La société de conseil Safras & Mercado prévoit une baisse de 3,91 % de la production brésilienne en 2026/27, à 41,8 MMT, avec des exportations de sucre en recul de 11 % par rapport à l’année précédente, à 30 MMT.

La Thaïlande, troisième plus grand producteur mondial et deuxième exportateur, augmente également sa production. La Thai Sugar Millers Corporation prévoit une hausse de 5 % de la récolte 2025/26, atteignant 10,5 MMT.

Divergences parmi les analystes sur les estimations de surplus

Plusieurs institutions ont publié des projections contradictoires concernant le surplus, mais toutes indiquent un excédent. L’Organisation internationale du sucre (ISO) prévoit un surplus de 1,625 MMT pour 2025/26. Cependant, d’autres analystes avancent des chiffres plus ambitieux : Czarnikow prévoit un surplus de 8,7 MMT pour 2025/26, tandis que Covrig Analytics a porté son estimation à 4,7 MMT. Green Pool Commodity Specialists et StoneX anticipent respectivement des surplus de 2,74 MMT et 2,9 MMT pour 2025/26, avec des surplus plus faibles attendus en 2026/27.

Le USDA a présenté une image plus dramatique dans son rapport de décembre. L’agence prévoit que la production mondiale de sucre pour 2025/26 atteindra un record de 189,318 MMT, en hausse de 4,6 % par rapport à l’année précédente, dépassant la croissance de la consommation qui n’est que de 1,4 %, à 177,921 MMT. Le USDA prévoit également que la production indienne pour 2025/26 augmentera de 25 %, atteignant 35,25 MMT, grâce à des conditions de mousson favorables et à l’expansion des surfaces cultivées.

Positionnement des fonds et implications sur les prix

Une dynamique inhabituelle s’est créée sur le marché à terme. Selon le rapport Commitment of Traders (COT) publié vendredi dernier, les fonds financiers ont considérablement accru leurs positions nettes vendeuses sur les contrats et options sur le sucre de New York. Ils ont augmenté leurs positions courtes de 57 104 contrats lors de la semaine se terminant le 3 février, atteignant un record de 239 232 positions nettes vendeuses — le niveau le plus élevé depuis 2006. Ce positionnement extrême pourrait, en théorie, alimenter un rallye de couverture à la baisse si le sentiment du marché change, bien que le contexte fondamental d’offre abondante reste baissier pour les prix.

Perspectives pour l’industrie sucrière en Inde et ailleurs

Le tableau fondamental demeure baissier. Les surplus mondiaux de sucre sont structurels plutôt que cycliques, principalement en raison de l’augmentation de la production en Inde et des politiques gouvernementales favorables à l’exportation. Bien que le USDA prévoit une baisse de 2,9 % des stocks de fin d’année mondiaux, le niveau absolu de stocks de 41,188 MMT reste historiquement élevé. Pour que les prix se redressent, il faudrait un changement significatif dans les habitudes de consommation ou une discipline accrue dans la production — des scénarios qui semblent peu probables dans le contexte actuel d’expansion de l’industrie sucrière indienne et de politiques exportatrices favorables.

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