La fermeture de Hormuz stimule le pétrole et renforce les perspectives pour les revenus d'exportation de l'Azerbaïdjan

(MENAFN- AzerNews) Qabil Ashirov En savoir plus

La guerre qui se déroule au Moyen-Orient envoie des ondes de choc bien au-delà du champ de bataille immédiat. Comme de nombreuses nations, l’Azerbaïdjan suit avec une inquiétude croissante les événements dans la région. Le conflit n’est pas seulement une confrontation géopolitique ; il comporte des implications économiques profondes qui pourraient remodeler les routes commerciales, les marchés de l’énergie et les tendances inflationnistes dans toute la région.

Les perturbations des corridors logistiques figurent parmi les premières conséquences visibles. La suspension ou le ralentissement des flux de marchandises via des routes clés menace les chaînes d’approvisionnement reliant l’Asie, le Golfe et l’Europe. Pour les économies régionales, l’interruption du commerce avec l’Iran, longtemps connu pour exporter des biens relativement abordables, pourrait entraîner une hausse des prix. Les pays dépendant des importations iraniennes pour certains produits de consommation et industriels pourraient bientôt ressentir une pression à la hausse sur l’inflation intérieure.

Par ailleurs, la fermeture signalée du détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole, a déjà secoué les marchés énergétiques mondiaux. Les prix du pétrole ont augmenté de plus de 9 % en réponse à la montée des tensions. Pour les puissances industrielles importatrices d’énergie comme la Turquie, la hausse des prix du pétrole se traduit directement par une augmentation des coûts de production. En tant que l’un des plus grands centres de fabrication de la région, la Turquie pourrait faire face à de nouvelles pressions inflationnistes si les prix élevés de l’énergie persistent.

En résumé, la combinaison de la baisse de la production iranienne et de la hausse des coûts énergétiques dans les économies industrielles pourrait créer un environnement inflationniste dans toute la région élargie. Pourtant, l’histoire nous rappelle que les crises recèlent souvent des opportunités cachées.

Pour l’Azerbaïdjan, le tumulte au sud pourrait paradoxalement renforcer l’un de ses piliers économiques les plus importants : la stabilité de sa monnaie. Le manat azéri est resté relativement stable face au dollar américain pendant la majeure partie de la dernière décennie. Cette stabilité n’est pas le fruit du hasard. Elle repose sur un solde commercial positif persistant, principalement alimenté par les exportations d’énergie.

Depuis son indépendance, le solde commercial extérieur de l’Azerbaïdjan n’a enregistré de déficit que sept fois, toutes durant les turbulences des années 1990. Depuis le début des années 2000, le pays est constamment un exportateur net. Par exemple, en 2008, les revenus d’exportation dépassaient plusieurs fois les importations. Ce surplus structurel a été l’un des principaux facteurs soutenant la résilience du manat.

Cependant, ces trois dernières années ont révélé une tendance différente. Les exportations de l’Azerbaïdjan ont diminué tandis que les importations ont augmenté régulièrement. En 2023, les exportations s’élevaient à 33,9 milliards de dollars, contre 17 milliards de dollars d’importations. En 2024, les exportations ont chuté à 26,6 milliards, tandis que les importations ont augmenté à 21 milliards. En 2025, les exportations ont encore diminué à 25 milliards, et les importations ont atteint 24,4 milliards. En conséquence, le surplus commercial s’est considérablement réduit, passant de 16,6 milliards de dollars en 2023 à 5,5 milliards en 2024, puis à seulement 660 millions en 2025.

Ces chiffres ont suscité des inquiétudes chez les experts, certains prédisant qu’un déficit commercial pourrait apparaître dès 2026. La réduction du surplus affaiblit le soutien structurel à la stabilité de la monnaie et soulève des questions sur la résilience macroéconomique à long terme.

Pourtant, la crise géopolitique actuelle pourrait modifier cette trajectoire. Au départ, Washington avait suggéré que les opérations militaires ne dureraient que quatre jours. Cette estimation a ensuite été portée à quatre semaines. Les développements récents indiquent que la confrontation pourrait s’étendre au-delà d’un mois, notamment car les objectifs stratégiques semblent plus difficiles à atteindre que prévu initialement. Plus le conflit dure, plus son impact sur les marchés énergétiques mondiaux risque d’être durable.

La fermeture du détroit d’Ormuz et la suppression effective du pétrole iranien des marchés mondiaux ont déjà fait grimper les prix du brut. Même si les hostilités se calment dans les semaines à venir, les marchés de l’énergie pourraient rester tendus pendant un certain temps en raison de l’incertitude persistante et des ajustements d’approvisionnement.

De plus, des perturbations dans les exportations de GNL des pays du Golfe auraient fait grimper les prix du gaz naturel en Europe jusqu’à 50 %. Étant donné que près de 90 % des revenus d’exportation de l’Azerbaïdjan proviennent du pétrole et du gaz, la persistance de prix élevés de l’énergie pourrait considérablement augmenter les recettes d’exportation.

Si cette tendance se poursuit, le surplus commercial de l’Azerbaïdjan pourrait rebondir à des niveaux plus confortables en 2026. Un solde extérieur renforcé renforcerait à son tour la confiance dans la stabilité du manat face au dollar.

Rien de tout cela n’atténue les risques humains et géopolitiques du conflit. La guerre reste une force intrinsèquement déstabilisatrice. Mais d’un point de vue strictement économique, la position de l’Azerbaïdjan en tant que grand exportateur d’énergie pourrait offrir une marge de manœuvre contre la turbulence régionale.

Les mois à venir détermineront si cette crise devient un choc prolongé pour l’économie mondiale ou une perturbation de courte durée. Pour l’Azerbaïdjan, beaucoup dépendra de la durabilité des prix élevés de l’énergie et de la capacité du gouvernement à gérer la hausse des importations tout en capitalisant sur les gains à l’exportation.

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